Les diplomaties sud-américaines face à la crise syrienne

Perspectives Internationales 16/12/2013 0

 Théâtre éloigné de la vie politique européenne, l’Amérique latine ne fait que rarement parler d’elle et tout spécialement en matière de politique internationale. En effet, ce vaste espace allant du Rio Grande à la Terre de Feu n’a pas de siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) et est, à ce titre, uniquement représenté par deux délégués tournants, actuellement l’Argentine et le Chili, remplaçant du Guatemala depuis le 17 octobre dernier. Surtout, la plupart des pays qui le composent sont dans une phase de développement complexe qui les empêche de s’investir pleinement sur la scène internationale.

La situation en Syrie a obligé ces acteurs à prendre position dans cette crise bien que leurs relations avec la Syrie soient minimes, à l’image du Guatemala qui ne possède aucune représentation permanente au Moyen-Orient hormis en Egypte. Or, les différents rounds de négociations aux Nations Unies ont mis en exergue que la fracture diplomatique que l’on retrouvait au niveau du CSNU, mettant d’un côté les pays occidentaux favorables à une intervention en Syrie face à un bloc russo-chinois favorable au respect de la souveraineté syrienne, se retrouvait à l’échelle continentale. Cet état de fait est ainsi clairement perceptible à travers les votes contraires de l’Argentine et du Guatemala,

Cette éventualité désormais écartée, c’est avec un peu de recul que cet article va chercher à expliquer la position des différents pays latino-américains par rapport à la crise syrienne et surtout, les conséquences que l’on peut tirer de cet évènement.

Pour ce faire, nous allons d’abord voir quelles sont les positions officielles des principaux pays latino-américains pour ensuite tenter de trouver des explications à celles-ci et finalement étudier avec plus de précision les cas particuliers que sont le Venezuela et le Brésil.

Quelles positions et comment les interpréter ? 

La posture diplomatique des pays latino-américains à propos de la crise en Syrie et du bienfondé d’une intervention militaire est le reflet des tendances de fond du système diplomatique américain que l’on a vu émergé à partir de la fin des années 1990[1]. En effet, cette position s’inscrit dans une démarche de soutien ou d’opposition à la politique américaine en général, au Moyen-Orient en particulier.

Carte 1

Par conséquent, c’est sans surprise que l’on a vu l’Argentine, le Venezuela et le Brésil se positionner contre une intervention en Syrie tandis que la Colombie, le Chili et le Mexique y étaient plutôt favorables. La Carte n°1 exprime plus clairement la position des différents pays[2]. Il faut toutefois garder à l’esprit que la temporalité de la prise de position de chacun des pays est aussi déterminante que la position en elle-même puisqu’elle reflète les préoccupations nationales et traduit l’importance, ou non, de crise pour l’État en question. Ainsi, certains ont pris position dès le début de la crise. Des États ont pu exprimer un soutien fort et indéfectible à leur allié quel qu’il soit, tel que le Venezuela qui a une alliance stratégique avec la Syrie. A l’inverse d’autres ont attendu de voir quelles étaient les positions de leurs partenaires avant de se prononcer, n’ayant pas de bénéfice notoire à retirer d’une prise de position trop rapide, à l’image du Mexique qui a d’abord laissé entendre qu’il soutenait les décisions du CSNU pour ensuite apporter son soutien aux États-Unis[3]. Le Guatemala est lui aussi exemplaire de ce type de raisonnement puisqu’il semble que sa posture diplomatique évolue en même temps que la diplomatie américaine[4].

            Pour autant, ces démonstrations de soutien ou d’opposition au projet américain ne doivent pas faire oublier que la Syrie n’est pas une préoccupation majeure pour nombre d’États américains dont beaucoup n’ont pas de représentation diplomatique comme en témoigne la carte n°2. De plus, cette carte nous montre que les pays ayant une représentation diplomatique en Syrie se sont tous déclarés contre une intervention en Syrie, à l’exception notable du Chili qui s’y est montré favorable mais uniquement dans le cadre des Nations Unies, refusant dès lors un scénario identique à 2003.

Carte 2

Le peu de liens diplomatiques entre les pays latino-américains et la Syrie peut s’expliquer par un certain désintérêt qu’ont la plupart de ces pays pour une zone lointaine qui ne semble pas forcément stratégique[5] pour un système diplomatique américain principalement tourné vers des problématiques internes comme en témoignent les récents accrochages diplomatiques entre la Bolivie et le Brésil ou encore entre le Nicaragua et ses différents voisins. A cela s’ajoute le fait que, sauf exception faite du Venezuela et potentiellement du Brésil, aucun État latino-américain n’a la capacité d’intervenir en Syrie, tant pour appuyer le régime que l’opposition. Il s’agira donc pour la plupart des États de s’exprimer et de se tenir à une posture diplomatique officielle sans pour autant s’impliquer davantage dans l’imbroglio diplomatique que représente cette crise en Syrie. Ce sont donc pour la plupart des États des déclarations de principe que de réelles prises de positions entrainant des actes concrets.

Changement de paradigme en Amérique Latine

Si au début du XXème siècle, la sphère latino-américaine aurait soutenu comme un seul homme la politique américaine à l’exception notable de Cuba, qui est depuis maintenant un demi-siècle une épine dans le pied du géant américain, la fin du siècle dernier a vu émerger un nouveau paradigme politique avec l’arrivée au pouvoir d’une vague de dirigeants politiques se revendiquant de « gauche »[6]. Au total, ce sont 13 pays latino-américains qui vont changer d’orientation politique[7] dont le premier sera le Venezuela avec Hugo Chavez, rapidement suivi par Rafael Correa en Equateur, Michelle Bachelet au Chili, Luis Inacio Lula Da Silva au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine ou Evo Morales en Equateur.

 Si, aujourd’hui, cette tendance à gauche n’est plus aussi marquée, elle a durablement changé les rapports diplomatiques en Amérique du Sud et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que l’alternance politique, parfois extrême, a démontré que la démocratie était, semble-t-il, solidement installée alors qu’il y a encore 20 ans, les dictatures soutenues par Washington étaient encore « la norme ». Ensuite, parce que cette vague, en touchant l’ensemble des grands pays latino-américains, au sens géopolitique du terme, que ça soit en terme de population, de richesse minière et pétrolière ou tout simplement en influence, a eu une portée considérable[8]. Par ailleurs, cela a signé l’acte d’émancipation diplomatique des pays latino-américains vis-à-vis du grand frère américain. Enfin, parce que l’on a vu émerger des politiques diplomatiques « nationales », cherchant à la fois à consolider l’intégration régionale et à sortir de la sphère continentale avec, dans les deux cas, la volonté de se démarquer des États-Unis.

 Concrètement, ce nouveau paradigme diplomatique s’exprime, avant tout, dans un rééquilibrage des influences à l’échelle continentale. Aujourd’hui, les États-Unis doivent compter avec le trublion vénézuélien et ses alliés, ainsi qu’avec l’influence grandissante du Brésil. Chaque pays a désormais son agenda et des objectifs qui lui sont propres, ce qui explique en partie les camouflets que subit la diplomatie américaine depuis quelques années relativement aux questions continentales. Aux rangs de ceux-ci, le rejet de la zone de libre-échange (ZLEA), projet porté par les États-Unis en 2005, les pressions de plus en plus grandes pour que Cuba soit réintégré au prochain sommet de l’Organisation des États Américains (OEA) sous peine de boycott de l’ensemble des pays, les récentes altercations diplomatiques consécutives aux écoutes de la NSA notamment avec le Brésil. A cela, s’ajoute le fait qu’il est devenu évident que l’interventionnisme répété des États-Unis est de plus en plus mal perçu par des pays qui ont été nombreux à subir l’ingérence invasion américaine par le passé ce qui, aujourd’hui s’exprime par un abandon de la guerre comme méthode de résolution des conflits, au profit du droit via les arbitrages de la Cour Internationale de Justice (CIJ).Nous allons maintenant voir les cas particuliers du Venezuela et du Brésil.

 Deux exceptions : le Venezuela et le Brésil

Avant d’en venir à expliquer la position de ces deux pays et leurs implications en Syrie, il convient de préciser la pertinence de ce choix. En effet, d’autres États, tels que le Mexique, la Colombie ou l’Argentine ont des envergures diplomatiques, une influence et une importance économique du même ordre et pourraient donc eux-aussi servir d’exemple. Mais, à bien y regarder, le Venezuela et le Brésil ont clairement une importance sans commune mesure avec les autres. D’abord par leur importance économique, le Venezuela et le Brésil étant tous les deux d’importants exportateurs de matières premières. Ensuite par leur rôle de moteur au sein de leurs alliances respectives, à savoir le Venezuela pour l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba) et le Brésil pour le Mercosur[9], qui leur donne une influence importante et sert de balise à d’autres États, notamment dans le cas de l’Alba. Enfin, parce que ces deux États prétendent tous les deux au leadership sur le continent sud-américain et luttent, chacun avec son propre style, pour proposer une alternative à l’influence des États-Unis. Les autres États latino-américains d’importance sont beaucoup moins influents.

Le Venezuela est l’un des seuls alliés de la Syrie, c’est donc tout naturellement l’un des premiers États à avoir apporté son soutien au président Assad, non seulement diplomatiquement, mais aussi matériellement par l’envoi de carburant à destination de l’armée syrienne[10]. L’alliance dite « stratégique » que le Venezuela a avec la Syrie remonte à 2006 lorsque les présidents des deux pays ont signé une série d’accords portant sur les domaines économiques, politiques, sociaux et énergétiques. Concrètement, cela s’est traduit par des échanges de pétrole contre la garantie d’investissements syriens au Venezuela.

Mais cette alliance doit surtout se comprendre dans le cadre plus global du Plan de développement économique et social de la nation 2001/2007[11] qui a été pensé comme un plan de diversification des partenaires, tant commerciaux que diplomatiques, afin de ne plus être tributaire des seuls États-Unis. Ceux-ci sont, traditionnellement, le premier partenaire commercial du pays. L’élément le plus spectaculaire de ce plan est la mise en place des alliances stratégiques avec des pays tels que la Russie, la Chine, la Biélorussie ou encore l’Iran. Cette dernière est sans doute la plus importante car elle est la plus intense et la plus équilibrée des alliances du Venezuela. Surtout, c’est d’elle que vient l’alliance avec la Syrie, alliée de l’Iran, mettant fin à la posture de neutralité du Venezuela par rapport au Moyen-Orient en général et au conflit israélo-arabe en particulier.

Aussi, c’est un réel soutien, principalement logistique, qu’apporte le Venezuela au régime syrien, en plus de son appui diplomatique. Le cas du Brésil est tout autre.

Le Brésil rejette, lui aussi, l’option d’une intervention militaire en Syrie sans pour autant être un allié « stratégique » du président Al-Assad. En effet, même Brasilia, profitant d’une importante communauté d’origine arabe sur son territoire, est le seul pays latino-américain à avoir une stratégie globale dans sa diplomatie au Moyen-Orient. Celle-ci implique des visites diplomatiques régulières, la tenue de sommets réunissant pays latino-américains et pays arabes ou encore des relations économiques fortes et équilibrées[12]. Mais c’est avant tout l’interventionnisme américain que le Brésil rejette.

En effet, l’arrivée au pouvoir du président Lula en 2002 correspond à une présence sans précédent sur la scène internationale pour ce pays qui a longtemps été relativement discret. Surtout, Lula a initié une politique diplomatique visant tout à la fois à étendre l’influence du Brésil notamment en Afrique lusophone, à consolider l’intégration régionale notamment au travers du Mercosur et de l’UNASUR[13], à garantir la souveraineté brésilienne et plus largement latino-américaine face aux États-Unis. Le Brésil rejette donc les tentatives d’ingérences américaines comme ce fut le cas en 2003 lors de l’intervention américaine en Irak.

Champion sud-américain, le Brésil est aussi le champion des pays pauvres, mettant sur pied en 2003 le G20 des pays en développement. Membre fondateur du groupe des BRICS et aspirant à obtenir un siège permanent au CSNU, avocat du principe de responsabilité en protégeant, le Brésil se fait l’acteur et le défenseur d’un remodelage du système international qui deviendrait multipolaire et davantage axé sur des relations sud-sud[14] à l’image de la tentative de médiation que le Brésil avait fait avec la Turquie en 2010 à propos du nucléaire iranien, court-circuitant les mécanismes habituels de négociations.

            Par conséquent, à la différence du Venezuela, la position du Brésil est davantage une position de principe qui n’engagera aucune aide particulière mais qui doit être vue comme un rejet de la politique américaine s’inscrivant dans un mouvement plus large de remodelage du système international.

La diplomatie ayant fait son œuvre, l’éventualité d’une intervention militaire américaine en Syrie est aujourd’hui à exclure. Aussi, c’est avec un certain recul que l’on peut analyser cette situation non pas pour ce qu’elle a été, à savoir des prises de position des pays latino-américains relativement à une situation donnée, mais pour ce qu’elle traduit et ce qu’elle implique. Cela peut nous amener à retenir deux éléments.

Premier élément, la posture des États latino-américains par rapport à l’éventualité d’une intervention en Syrie révèle peut-être pour la première fois de manière aussi significative la prise d’indépendance de la quasi-totalité des pays du continent en matière de diplomatie, qui n’ont pas hésité à se prononcer contre la politique américaine. Même le Chili, allié traditionnel des États-Unis dans le cône sud du continent, prend quelques distances en insistant sur la nécessité d’un cadre onusien à toute intervention. L’image de l’intervention de l’Otan en Libye est sans doute pour beaucoup dans cette prise de position. En effet, les résolutions 1970[15] et 1973[16] de 2011, qui imposèrent, respectivement, des sanctions et une zone d’exclusion aérienne à la Libye du Colonel Kadhafi, furent invoquées dans le cadre du tout nouveau principe de responsabilité de protéger[17], cher au Brésil. Dans le premier cas, le CSNU, dont le Brésil faisait partie, a voté unanimement pour tandis que dans le second cas, la résolution fut adoptée par 10 voix pour et 5 absentions, dont celle de Brasilia. En s’abstenant, celui-ci exprimait sa répulsion pour les interventions tout en permettant de limiter l’action des forces gouvernementales sur les civils, sans se douter que cela déboucherait sur une intervention en bonne et due forme, créant par là un précédent. Le rejet strict du Brésil, partagé par l’essentiel de l’espace latino-américain, concernant une intervention en Syrie peut être analysé comme une volonté de ne pas se laisser duper une nouvelle fois par les diplomaties occidentales et par leur vision extensive des résolutions onusiennes.

Pour autant, et c’est le second élément, il faut relativiser cette prise de position car cela ne doit se comprendre qu’en gardant à l’esprit que la plupart des États latino-américains ne se préoccupent qu’à la marge du Moyen-Orient. En effet, au contraire des pays occidentaux de la Russie ou de la Chine, dont les réseaux diplomatiques rayonnent partout autour du globe, ils n’ont pas les ressources suffisantes pour se préoccuper d’une zone géographique qu’ils considèrent comme lointaine, complexe et traditionnellement crisogène. Ils préféreront par conséquent se concentrer sur un système continental déjà passablement complexe, dont les nombreuses, et coûteuses, organisations régionales traduisent l’éclatement et la difficulté, notamment pour les petits États, de trouver pleinement leur place.

Aussi, on peut estimer que cette situation de relatif désintérêt diplomatique pour les zones extérieures au continent américain perdurera tant que l’intégration régionale n’aura pas été rationnalisée, que le processus de développement économique de ces pays n’aura pas été porté à son terme et enfin, last but not least, que le continent américain continuera à être suffisamment riche en ressources naturelles pour subvenir aux besoins de développement des États qui le composent.

 

                                                          Marine MENIER et Florent TAINTURIER

Marine MENIER poursuit d’abord des études de Droit Public, pour se spécialiser enfin en Relations Internationales, Sécurité et Défense à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Forte de multiples expériences à l’étranger et impliquée dans l’humanitaire, elle met actuellement son expertise en géopolitique et gestion de la sécurité au service de la solidarité internationale.

Florent TAINTURIER est titulaire d’un double Master 2 en Sécurité Défense (Université Lyon 3 Jean Moulin) et Géopolitique (Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Il s’intéresse depuis 5 ans aux questions géopolitiques, en particulier celles concernant de l’Amérique du Sud, et géostratégiques, notamment dans les domaines navals et terrestres. Il revient d’une mission de 7 mois au Venezuela auprès de l’Attaché de Défense de l’Ambassade de France.


[1]BUZAN Fernando, “La politica exterior de América Latina hacia Siria y Libano frente a los nuevos escenarios regionales”, Centro de Estudios del Medio Contemporaneo, Buenos Aires, 2013, p. 2.

[2] Il a été impossible de trouver des sources suffisamment fiables pour rapporter sur cette carte la position de certains pays, justifiant la légende « pas d’informations ». Ces pays sont : la Jamaïque, Haïti, la République Dominicaine, le Belize, le Costa Rica, le Suriname.

[3] BUZAN Fernando, La politica exterior de América Latina hacia Siria y Libano frente a los nuevos escenarios regionales, Centro de Estudios del Medio Contemporaneo, Buenos Aires, 2013, p. 15.

[4] « Guatemala cambia su posicion al ritmo de los EE. UU. », La Hora, Guatemala ciudad, Septembre 2013.

[5] Le principal intérêt stratégique du Moyen-Orient réside dans la production, et les importantes réserves, d’hydrocarbures ce qui n’intéresse que partiellement les pays latino-américains dont les pays producteurs vendent directement aux pays consommateurs.

[6] Cette appellation communément admise fait encore débat lorsqu’il s’agit d’en donner une définition exacte tant les réalités qu’elle recouvre sont différentes. Aussi, nous pourrons définir le concept de gauche en Amérique latine comme contrepied les pouvoirs politiques précédemment en place, qu’ils soient démocratiques ou non.

[7] DABENE Olivier, « La Gauche en Amérique latine, 1998-2012, » Presses de Science-po, Paris, 2012, p. 13.

[8] Il est important de constater que les changements d’orientation politique en Amérique Latine ont touchés tous les plus importants pays du continent à l’exception de la Colombie et du Mexique, d’où une évolution brutale du paradigme diplomatique. En effet, le Venezuela, qui possède des réserves pétrolières de premier ordre, ou le Brésil, géant minier et agricole, ont une influence sur le système continental bien plus importante que le Honduras ou le Nicaragua.

[9] Même si le Venezuela a rejoint le Mercosur dans le courant de cette année, le Brésil en reste le leader grâce à son économie, à la fois plus forte et plus équilibrée que les autres membres de cette association.

[10] « Venezuela apoya a gobierno de Siria con envio de combustible », El Mundo, Caracas, février 2012.

[11] En espagnol « Plano de desarollo economico y social de la nacíon 2007/2013 ». Vu dans TORO HARDY José, “Las alianzas Extra Regionales en la política exterior de Venezuela”, Instituto Latinoamericano de Investigaciones Sociales, Quito, 2008, p. 6.

[12] BUZAN Fernando, La politica exterior de América Latina hacia Siria y Libano frente a los nuevos escenarios regionales, Centro de Estudios del Medio Contemporaneo, Buenos Aires, 2013, p. 7.

[13] Le Mercosur est le Marché Commun Sud-américain tandis que l’Unasur est l’Union des Nations Sud-américaines.

[14] BUZAN Fernando, La politica exterior de América Latina hacia Siria y Libano frente a los nuevos escenarios regionales, Centro de Estudios del Medio Contemporaneo, Buenos Aires, 2013, p. 6.

[15] Texte de la Résolution 1970 disponible à l’adresse suivante : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2011/CS10187.doc.htm

[16] Texte de la Résolution 1973 disponible à l’adresse suivante : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2011/CS10200.doc.htm

[17] Ce concept, développé à la suite du conflit au Kosovo, avait pris forme en décembre 2001 avec le « Rapport de la Commission internationale de l’intervention de la souveraineté des Etats[17] ». Il promouvait ainsi un devoir d’intervention des Etats afin de protéger les populations, allant ainsi au-delà du « droit d’ingérence ». Ainsi, si un Etat n’est pas en mesure d’assurer la protection de sa propre population, la communauté internationale dans son ensemble doit venir combler cette lacune. Ce document, bien que n’ayant aucune valeur juridique s’imposa rapidement comme une nouvelle alternative possible au règlement des conflits armés. Certains auteurs de doctrine y voyaient même une troisième exception au principe fondamental d’interdiction de recours à la force tel que défini dans la Charte, avec la légitime défense et l’autorisation du Conseil de sécurité. Dans le même temps, cette pratique était fortement critiquée, car pouvait conduire à justifier toute intervention armée en son nom. Ce qui fut précisément le cas dans le conflit libyen, où cette potentielle nouvelle exception, relevant plus du domaine de la coutume que du droit écrit fut invoquée.

 

Leave A Response »