Le décès d’Arafat: complot(s) ou conflit(s) d’intérêts?

Perspectives Internationales 21/01/2013 0

Le 3 août 2007, l’ancien conseiller politique de Yasser Arafat, Bassam Abou Sharif, confie: « Je déclare ici que le président français Chirac sait exactement comment Yasser Arafat a été assassiné et qu’il dissimule sciemment, sous prétexte de protéger des intérêts israéliens »[1]. Quelle que soit sa notoriété, la mort d’une personnalité suscite souvent des spéculations quant à ses circonstances. Il en va ainsi, par exemple, de la mort de Napoléon, due selon certains, à un empoisonnement à l’arsenic[2]. Ce mécanisme analytique que d’aucuns qualifieraient de complotiste se produit encore aujourd’hui notamment avec le  décès du leader de l’OLP et premier président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, survenu le 11 novembre 2004. Cette disparition génère les rumeurs les plus farfelues tant le personnage était controversé. Officiellement, Arafat est mort « d’un mystérieux mal qui n’a jamais été clairement identifié »[3]. La pathologie avancée, une coagulation intra-vasculaire disséminée n’a guère satisfait les sceptiques.

Aussi, le Conseil législatif palestinien crée sa propre commission le 5 octobre 2005, mais en raison des divergences et des nouvelles informations, d’autres sont créées comme celle du 6 août 2009. Toutes concluent à la responsabilité d’Israël. Les thèses alternatives sur les causes de cette mort sont renforcées par le reportage de la chaîne qatarie Al-Jazeera, laquelle prétend, après analyse des effets personnels du rais, qu’il aurait été empoisonné au polonium. L’émission convainc la veuve d’Arafat, Souha, de porter plainte en France pour assassinat. En juillet 2012, le diplomate palestinien Saëb Erakat forme une commission d’enquête internationale. Son président, Taoufiq Tiraoui souhaite porter l’affaire devant la Cour Pénale Internationale[4] après la reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur, et affirme à l’encan: « En tant que patriotes palestiniens, nous sommes convaincus que les Israéliens ont assassiné le président Arafat, et en tant que commission d’enquête nous avons des indices allant dans ce sens»[5]. Une commission rogatoire internationale française, égyptienne, palestinienne, suisse (les effets seront analysés là-bas)[6] et russe s’est rendue à Ramallah afin de pratiquer une autopsie le 27 novembre 2012. Les échantillons sont ramenés pour analyse à Nanterre, via la valise diplomatique du consul de Jérusalem Olivier Plançon.

Ces commissions prouvent que contrairement aux idées reçues, la rumeur d’assassinat est prise au sérieux et donc n’est pas le seul apanage des complotistes. L’Etat hébreu reste en effet célèbre pour perpétrer des assassinats ciblés. En septembre 1997, Benyamin Netanyahou, déjà Premier ministre, échoue à assassiner le leader du Hamas Khaled Mishal au gaz neurotoxique[7]. La polémique n’est donc pas anodine, dans un contexte oriental traditionnellement conflictuel, exacerbé par les dernières crises : l’opération « pilier de défense », rivalités entre activistes palestiniens, dossier nucléaire iranien, «printemps arabes» et élections prochaines en Israël.

Le propos ne sera pas ici de déterminer les causes de la mort de l’ancien prix Nobel de la paix. Ce serait une grande prétention de découvrir la vérité sans être épidémiologiste ou familier des arcanes du pouvoir. Il est plus pertinent en revanche de se demander pourquoi cette autopsie intervient si tard. Avant de déterminer à qui profite la mort du rais, il convient d’abord de détruire quelques mythes qui perdurent sur le personnage d’Arafat.

Arafat et l’OLP : un pion sur l’échiquier moyen-oriental

La vie d’Arafat dit Abou Ammar est difficile à extirper de la légende. Né le 4 août 1929 au Caire et non à Jérusalem (comme annoncé par Arafat pour renforcer son aura), il serait, selon lui, le petit-neveu du grand mufti de Jérusalem Al-Husseini, l’allié d’Hitler. Dès le début de sa vie de militant, Arafat se distingue dans sa faculté de passer d’une allégeance à l’autre et de pratiquer le double discours.

Un leader contesté en Palestine et dans le «monde arabe»

Arafat, un baroudeur politique au service de la cause palestinienne

A la fin des années 1940, Arafat travaille pour les Britanniques en Palestine contre les milices juives. Déjà, les Etats arabes se méfient des revendications des Palestiniens, dont ils soutiennent les forces pour les combattre ensuite. Rentré au Caire lors de l’indépendance d’Israël, Arafat poursuit des études d’ingénierie et d’art militaire, et devient officier. Il combat ses anciens alliés britanniques, aux côtés des Frères Musulmans, qu’il trahit ensuite lorsque Nasser arrive au pouvoir. Le président Egyptien cherche ensuite à l’éloigner, ce qui l’oblige à s’exiler au Koweït. En 1959, Arafat y cofonde avec Salah Khalaf et Al Wazir, le Fatah, un mouvement laïc appelant à la libération de la Palestine.

L’Organisation de Libération de la Palestine naît en 1964 pour fédérer des groupuscules palestiniens, d’abord sous les tutelles syrienne et soviétique. Mais Arafat doit déjà affronter des rivaux, dont Ahmed Choukairy, soutenu par la Syrie. Arafat finit par l’emporter en se rapprochant à nouveau du grand frère égyptien. Le Fatah intègre l’OLP en 1968, et en prend le contrôle lorsqu’en 1969, Arafat devient président du comité exécutif. Depuis son siège de Damas, l’OLP dirige de fait le Fatah, sa branche politique, protégée par l’Armée de Libération de la Palestine. Ses financements sont divers. Les Pays du Golfe aident l’OLP mais progressivement, l’URSS à partir de 1968 et l’Irak à la fin des années 1970 s’y ajoutent.

Les attaques de ses Fedayin et les tensions avec les Etats arabes obligent l’OLP à déménager à Amman, puis au Liban en juillet 1971 après que ses troupes soient décimées, lors du Septembre Noir, par les Hachémites jordaniens, aidés par la Syrie. Plus pour exister face aux Etats arabes, Arafat organise la prise d’otages de Munich en septembre 1972, avec son nouveau groupe armée Septembre Noir. L’opération est si contestée au sein du Fatah qu’elle exacerbe encore les tensions internes. L’autoritarisme, la cruauté (torture et assassinat d’opposants) et la vénalité d’Arafat sont des griefs qui le poursuivront toute sa vie. Arafat déplore de son côté que certains éléments de la galaxie palestinienne prennent des initiatives armées, préjudiciables à une reconnaissance. Toutefois, l’OLP rassemble tant bien que mal le FPLP marxiste (fondé en 1967 par Georges Habache et Ahmed Jibril avec les brigades Ali Moustapha), le FLA arabe (proche de Bagdad), l’Union générale des étudiants palestiniens (dont Arafat fut le président en Egypte), le FPLP-CG (proche de Téhéran et de Damas) et le FLP (proche de Damas).

Vers la reconnaissance Internationale et le prix Nobel de la Paix

Grâce aux manœuvres de l’URSS notamment, l’OLP privilégie la reconnaissance internationale par la voie diplomatique en modérant dans un premier temps, sans les cesser, les actes terroristes. L’OLP est reconnue à l’ONU le 14 mai 1974. Le 22 novembre, l’OLP est admise comme membre observateur à condition d’un renoncement au terrorisme, ce qui conduit la Ligue Arabe à intégrer l’OLP le 16 octobre 1976. Arafat devient en plus une des icônes du tiers-monde de Moscou à Cuba.

La montée en puissance d’un mouvement oscillant entre le bloc soviétique et le bloc de l’ouest, soucieux de préserver son autonomie face à la Ligue Arabe, elle-même divisée sur la question palestinienne, rend l’OLP encombrante. Aussi, les Libanais ne voient pas forcément d’un mauvais œil l’invasion israélienne, destinée à détruire les camps palestiniens. Après des combats acharnés contre Israël et différentes factions, l’OLP déménage à Tunis en 1982. La Tunisie lui offre l’asile sous pression des Etats-Unis, mais à partir de 1987, Ben Ali, pour donner le change aux Israéliens, leur fournit des renseignements. Bourguiba avait fait de même pour aider Tsahal à détruire le siège de l’OLP en 1985[8].En pleine Intifada, et pour contrer le Hamas, l’OLP proclame l’Etat Palestinien sur les frontières de la résolution 181 de l’ONU de 1947. Arafat se rapproche également de l’Irak, ce qui mécontente Damas et Téhéran[9]. Le 13 décembre 1988, une nouvelle condamnation du terrorisme ouvre officiellement à Arafat les portes de la diplomatie américaine. Le 15 décembre, Arafat renonce au terrorisme sous toutes ses formes. Le 26 mars 1989, il se proclame unilatéralement chef de « l’Etat palestinien ». Le 2 mai 1989, Arafat déclare « caduque» l’article de la charte de l’OLP affirmant que « la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine ». Israël n’est pas dupe de la tactique de l’OLP qui consiste à déléguer ses attentats à des organisations corollaires.

La chute de l’URSS et de l’Irak en 1991 entraîne l’arrêt brutal des livraisons d’armes et de transferts de fonds. Condamné pour son soutien à Saddam Hussein, Arafat est contraint de faire amende honorable pendant les conférences de Madrid et de Barcelone (1991 et 1995) et d’Oslo entre 1993 et 1995. Encore une fois, l’OLP renonce au terrorisme contre un Etat hébreu reconnu à part entière. En conséquence, Arafat et Rabin obtiennent en 1994 le prix Nobel d’une paix qui ne sera jamais effective. En janvier 1996, Arafat devient le premier président de l’Autorité Palestinienne, un titre qui ravive les tensions en Palestine, car il bat sa rivale Samiha Khalil. La communauté internationale ne conteste pas le scrutin peu démocratique. Pourtant la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright explique: « Malgré ses talents de manipulateur […], il était la seule personne ayant le pouvoir de négocier au nom du peuple palestinien. […] Très vite, il parut évident qu’Arafat n’était pas très doué pour ce genre de travail. Son style autocratique ne permettait guère à la démocratie de se développer. […]Arafat préférait que les extrémistes tournent leur colère contre Israël plutôt que contre lui»[10].

L’isolement de la cause palestinienne

Avec les échecs successifs des plans de paix et la montée des ressentiments, la communauté internationale et de nombreux Palestiniens ne veulent plus d’un Arafat décevant. Arafat accepte alors, sous pression des Etats-Unis et d’Israël, la nomination d’un Premier ministre, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) et d’un ministre de la police, Mohammed Dahlan, notoirement lié à la CIA. Arafat parvient seulement à immiscer entre eux et sa personne une charge de Conseiller national de sécurité pour son protégé Rajoub. Aussi, Dahlan démissionne et Abbas laisse sa place à Ahmed Qorei en accusant Arafat de ne laisser aucun pouvoir au Premier ministre.

A partir de 2000 la Palestine est frappée d’une série de malheurs avec l’échec des Accords de Taba en 2001, la construction de la barrière de sécurité et le 11 septembre. L’élection de Sharon en Israël complète 2001, l’annus horibilis. La seconde Intifada, commencée en 2000, achève de diviser la Palestine. En mars 2001, Imad Falouji, ministre palestinien de la communication, avoue: « Ce serait une erreur de croire que la raison de l’irruption de l’Intifada était la visite de Sharon sur l’Esplanade des Mosquées… cela a été planifié depuis le retour d’Arafat de Camp David (juillet 2000), où il a refusé les propositions de Clinton»[11]. Arafat vieillissant, laisse progressivement sa place, dans le culte iconique, à Ben Laden et Hassan Nasrallah. En 2004, le chef de l’Autorité Palestinienne, symbole aux yeux de beaucoup de Palestiniens, laisse une situation palestinienne plus que jamais préoccupante.

Les rapports ambigus d’Arafat avec les Etats-Unis et Israël

Le parcours d’Arafat explique le soutien qu’il obtient des quelques Etats arabes soucieux de nuire à d’autres membres de la Ligue Arabe. Les Etats-Unis et Israël vont également se servir de cette configuration sur l’échiquier moyen-oriental.

De bons rapports avec les Etats-Unis

Les Etats-Unis aident l’OLP au gré des circonstances, notamment comme moyen de pression sur Israël et combattre les mouvements palestiniens véritablement prosoviétiques. Ainsi, en 1974, l’officier de la CIA Robert Ames et Hassan Salameh, leader du Septembre noir, entretiennent des rapports secrets. L’OLP s’engage à prévenir les Etats-Unis d’attaques terroristes contre leurs  intérêts. Ces rapports sont doublés d’aides financières. En 1976, Salameh, se rend aux Etats-Unis à l’invitation de Bush, patron de la CIA, afin de protéger Arafat de complots étrangers[12]. En 1979, Salameh victime d’un attentat, meurt à l’hôpital américain au Liban. Israël est derrière le meurtre, pour obliger les Etats-Unis à rompre avec l’OLP. Mais le secrétaire d’État américain Shultz, promet que les Américains continueront à protéger les camps palestiniens, lors de l’entrée d’Israël au Liban. Lorsque l’OLP s’exile à Tunis en 1982, les convois sont protégés par la France et la VIème flotte américaine, l’URSS, déçu, refusant de s’y associer.

Certes, pendant la guerre du Golfe, l’OLP soutient l’Irak et appelle même, le 15 janvier 1991, à frapper les intérêts américains et britanniques partout dans le monde. Mais il ne s’agit que de communication. La défaite de l’Irak conduit rapidement Arafat à quémander le pardon américain. Washington accepte à condition qu’il devienne le fer de lance d’une nouvelle donne américaine au Proche-Orient face à l’intransigeance israélienne. Cela explique pourquoi les Etats-Unis font pression pour qu’Arafat obtienne le Nobel et soit reçu comme un chef d’Etat dans les différentes chancelleries. De son côté, Jibril Rajoub, chef de la Force 17, la garde prétorienne d’Arafat, se charge de protéger les accords Oslo et les intérêts américains en luttant contre des partis Palestiniens hostile au processus de paix. En 1993, Clinton verse 10 millions de dollars à la Force 17 pour que celle-ci traque les terroristes pour le compte de la CIA. Les rapports, qui toutefois ne sont jamais franchement cordiaux, se détériorent à la fin du second mandat de Clinton. L’élection de Georges W Bush les détériorent encore «aucune distinction entre les terroristes qui ont perpétré ces actes et ceux qui les hébergent»[13]. Lors du 11 septembre,Arafat se désolidarise immédiatement des terroristes d’Al Qaida avec qui il n’a rien à voir, et donne son sang aux victimes devant les caméras. Arafat reste toutefois toléré des Américains qui engagent Israël à desserrer son étau à plusieurs reprises, puis décide de l’abandonner.

Arafat: Un philosémite antisioniste

Arafat n’a jamais été antisémite, mais seulement antisioniste. Il fréquente dans sa jeunesse les juifs cairotes du club sportif des Macchabées, afin dit-il, d’étudier la mentalité de l’ennemi. Il compulse les travaux des sionistes Theodor Herzl et Vladimir Jabotinsky. Au milieu des années 1980, Arafat explique à Mitterrand: « Les juifs sont nos cousins. Nous avons été chassés ensemble d’Espagne et d’Andalousie. Plusieurs de nos dirigeants sont considérés comme juifs par les juifs»[14]. En effet, le rabbin Moshé Hirsch, mort en 2010, devient ministre d’Arafat en 1995[15]. Un autre juif, Karl Kahane est « l’éminence grise […] de Sadate et d’Arafat »[16]. Certes, l’OLP commet des attentats terroristes contre les intérêts israéliens, n’hésitant pas à tuer des civils comme à Kiriat Shmona et à Tel-Aviv. La lutte est permanente entre l’OLP et Israël, dont le point d’orgue sera les conflits libanais et cisjordaniens. En 1986, Israël interdit aux Israéliens de fréquenter l’OLP et accompagne la fondation de l’ennemi juré d’Arafat, le Hamas, la même année que la naissance de la première Intifada.

Mais les relations entre Arafat et les partis israéliens sont à géométrie variable. Arafat se méfie de la gauche dans ses tentatives d’instaurer une paix qui lui enlèverait son importance. En 1993, Abou Amar est autorisé par Shimon Pérès à rentrer en Palestine pour organiser l’embryon de l’Autorité Palestinienne. Le parti travailliste israélien et les démocrates américains y trouvent leur compte afin de gagner les élections en communiquant sur la réussite du processus de paix. Madeleine Albright confesse : « Il avait exploité le discours abrupt et la politique de droite de Netanyahou pour rallier les sympathies à la cause palestinienne. Barack, par la hardiesse de ses positions et sa quête passionnée de la paix, menaçait d’ébranler le statut de victime professionnelle d’Arafat. Barak avait également volé la vedette au leader palestinien en négociant avec la Syrie»[17]. Enderlin va dans ce sens : «Ce n’est qu’en 1996, après les attentats sanglants de Jérusalem et Tel-Aviv, qui vont casser la gauche israélienne et amener Netanyahou au pouvoir, que l’AP lancera une véritable compagne contre les terroristes et opèrera une véritable collaboration avec les services israéliens»[18].

Cela explique qu’Arafat souhaite toujours avoir en face de lui une droite plus extrémiste, qui ferait de lui un martyr. De son côté, le Likoud favorise aussi le Hamas lequel n’a cessé de saboter les plans de paix en perpétrant des attentats. En 1996, le Likoud l’emporte lorsque le Fatah renonce à la reconnaissance d’Israël. Israël continue à affaiblir le Fatah en libérant le cheikh Yassin en 1997, farouche ennemi d’Arafat. Arafat reprochera à « Bibi » d’avoir fait exprès de le libérer pour le nuire. En représailles, Arafat négocie avec les travaillistes israéliens mais ne profite pas des circonstances plus favorables pour installer la paix. L’élection de Sharon[19] cristallise la seconde Intifada. Le vieux général n’est pas avare de formules expéditives. « J’ai vécu avec des Arabes toute ma vie. J’ai des problèmes avec leurs dirigeants, ou du moins avec certains d’entre eux qui sont des assassins. C’est une erreur de traiter avec eux »[20]. Le 3 décembre 2001, Israël réplique à des attentats palestiniens en profitant de l’effet 11 septembre. En mars 2002, lors de l’opération Rampart en Cisjordanie, Tsahal assiège le palais présidentiel de Ramallah puis assigne à résidence Arafat dans ce qui reste de sa résidence (deux pièces), après que l’ONU brandisse la résolution 1435. Israël et les Etats-Unis demandent comme préalable de la reprise des négociations de paix le départ définitif d’Arafat de la Palestine.

Arafat n’est pas seulement l’ennemi d’Israël, mais aussi pour les Etats arabes et pour les autres activistes palestiniens. De ces rivalités, Arafat en retire des armes, beaucoup d’argent et de l’influence. En conséquence, il s’attire beaucoup d’ennemis, qui sont autant de pistes potentielles pour identifier le ou les coupables de son éventuel assassinat.

Une mort, plusieurs coupables

Abordons maintenant les circonstances de la mort du rais. Décéder à 75 ans n’est pas anormal, mais la rapide agonie du vieux soldat suscite de nombreux questionnements, d’autant que de nouvelles informations sont parues dans la presse. Encore convient-il de les analyser pour en mesurer la pertinence.

Le malade de Ramallah, le cadavre de Paris

Une mort rapide

Le 12 octobre 2004, à Ramallah, quatre heures après le dîner, Arafat commence à souffrir de vomissements et de diarrhées. Ses médecins diagnostiquent une grippe intestinale, qu’ils ne parviennent pourtant pas à soigner. Le 21 octobre, les examens de sang révèlent que le nombre de plaquettes est très bas. Mais aucun examen ne permet d’identifier une quelconque substance létale. Comme la Cisjordanie ne dispose d’aucune infrastructure médicale de qualité, les proches d’Arafat décident, le 29, de l’expatrier vers l’hôpital militaire Percy de Clamart à Paris, via l’aéroport international d’Amman. L’établissement n’est pas choisi par hasard car il est spécialisé dans le traitement des empoisonnements. De plus, c’est un hôpital militaire protégé par la France, et les médecins ont l’habitude du langage diplomatique. De plus, Arafat connaît bien le lieu pour y avoir été soigné plusieurs fois dans sa vie.

Les médecins français font état d’«une inflammation de la partie basse du tube digestif de troubles de la moelle osseuse et d’une «coagulation vasculaire disséminée sévère», c’est-à-dire d’un bouleversement complet de l’ensemble des mécanismes assurant l’équilibre des processus physiologiques de coagulation sanguine. Une telle concentration de maux est suspecte. Malgré la qualité de l’équipe médicale, Arafat tombe dans le coma le 3 novembre. Entre le 4 et le 11 novembre, la France, Israël, l’Autorité Palestinienne et les Etats-Unis enchaînent les communiqués contradictoires sur une mort annoncée puis démentie. Nous sommes alors en plein ramadan, pendant la seconde Intifada, après les attentats de Madrid. On se bat en Irak, à Gaza, en Cisjordanie et en Afghanistan. Le Fatah et le Hamas se déchirent. Aussi, l’annonce doit être pesée, circonstanciée et le silence conservé sur les raisons du décès. Le 11 novembre, à 3h30, Arafat n’est officiellement plus. Abou Ammar reçoit les honneurs militaires à Paris. Une cérémonie religieuse a lieu au Caire. Le 12, avec une rapidité fulgurante, Arafat est enterré à Ramallah dans un mausolée.

Un rapport médical, plusieurs rumeurs

Les différentes causes avancées pour expliquer cette étrange mort sont l’empoisonnement au polonium ou au champignon, le sida ou la cirrhose. Les deux premières impliquent une méthode et son tueur, les deux dernières s’attaquent aux mœurs de la victime. L’argument selon lequel les experts médicaux français auraient avancé qu’Arafat serait mort de cirrhose ou du sida[21] relève de spéculations de chroniqueurs. Le docteur Patrice Mangin de Lausanne et le médecin tunisien Tawfik Shaban, qui appartiennent à la commission internationale réfutent de pareilles informations. L’hypothèse de la grippe intestinale est initialement retenue. Mais Kapeliouk note avec acuité que qu’ «aucun médecin français, palestinien, égyptien, tunisien ni jordanien n’a affirmé avoir découvert une trace d’infection lors des examens. En outre, si telle avait été la cause de sa maladie, Arafat aurait pu y faire face avec l’aide d’antibiotiques»[22].

Dès janvier 2005, Israël communique sur la cirrhose[23] afin de sous-entendre lourdement qu’Arafat était alcoolique, donc un mécréant au regard de l’islam. Mais ceux qui le connaissent insistent sur sa vie d’ascète. La piste du sida, présente dans une certaine presse israélienne et juive[24], n’a été démentie qu’il y a quelques années. Au départ, il s’agissait d’accuser Abou Ammar d’être homosexuel ou de fréquenter des femmes de petite vertu. Rappelons que l”homosexualité est un crime dans la plupart des pays de la Ligue Arabe. Mais l’information est renvoyée à la tête des Israéliens par les complotistes[25], sur l’idée que le Sida serait une maladie fabriquée ex-nihilo par Israël pour justement tuer ses ennemis en salissant leurs honneurs. Ainsi, Al Manar, le 5 juillet 2007, rapporte les propos du fameux Jibril, qui lui-même aurait entendu de Mahmoud Abbas que les services secrets français lui aurait donné le dossier médical attestant que le sida aurait été inoculé Israël[26].

Mais le site d’information Slate soutient en 2012 la piste d’un empoisonnement par amanite phalloïde ou cortinaire des montagnes, qu’Arafat aurait ingéré le soir du 12 octobre. Le champignon étant très reconnaissable et très rare en Palestine, la piste est peu suivie, d’autant que le chef de l’OLP faisait surveiller sa nourriture par sa sécurité, à moins que sa garde ait appartenu au complot. Toutefois, Slate précise curieusement, comme une sorte d’aveu calculé, que ces champignons sont étudiés «notamment dans le centre de Nes Ziona»[27]. Or, pour les quelques spécialistes des armes non-conventionnelles israéliennes, Nes-Ziona est célèbre pour abriter l’Israel Institut of Biological Research un institut militaire sollicité notamment pour avoir fourni le poison et l’antidote durant la tentative d’assassinat de Khaled Michal, ce que Slate et les journaux reprenant l’information ne rappellent pas, par manque de rigueur.

L’empoisonnement au polonium reste la cause la plus privilégiée. L’Institute for Radiation Physics de Lausanne remarque en effet de fortes concentrations radioactives contenues dans les habits du leader palestinien laissés à l’hôpital Percy[28]. La méthode comporte plusieurs avantages pour les commanditaires. D’une part, des doses infinitésimales sont fatales (5000 fois plus radioactifs que le radium), il est facile à dissimuler et à transporter car sa radioactivité et difficilement repérable par les scanners. Ensuite, il permet de signer discrètement le crime car seules quelques puissances nucléaires en possèdent. En revanche, en raison de sa toxicité, le polonium peut tuer le porteur de l’échantillon, voire l’entourage de la victime. Or les cas similaires dans l’entourage d’Arafat sont inexistants pour l’instant. D’autre part, le polonium est naturellement présent dans la nature, sa demi-vie est de 138 jours ce qui complique les enquêtes. En tout état de cause, Israël, seule puissance militaire de la région, est toute désignée. Il est aussi possible qu’Arafat ait été intoxiqué par les munitions à uranium appauvri employées par Tsahal lors des combats en Cisjordanie. Mais pourquoi avoir pris le risque d’employer cette substance radioactive dénonciatrice de l’arme nucléaire israélienne? Les symptômes d’une attaque au polonium sont un jaunissement de la peau, une leucémie, une perte de cheveux, des saignements de nez, une moelle épinière endommagée et des éruptions cutanées. Mais rien n’apparaît comme tel dans le dossier. Pour expliquer la non détection du polonium en 2004 par les français, il est possible que le corps et/ou les habits du rais, gardés à Ramallah par le Fatah, aient été irradiés au Polonium peu avant l’enquête, pour accuser Israël.

A qui profiterait le crime? Faire parler un mort

La carrière politique d’Arafat a été bâtie sur les trahisons et les rivalités. Cela explique qu’en dehors d’Israël, beaucoup avaient intérêt à la mort du premier rais palestinien.

Israël, une piste crédible mais trop évidente

Deux variables s’entrechoquent sur cette question, d’une part, les emplois avérés de l’arme biochimique par Israël, et le mythe du juif empoisonneur, très pratique pour certains palestiniens et fréquente dans les discours politiques et la presse du monde arabe

L’OLP le Hamas, et d’autres groupes activistes pro-palestiniens [29] s’accordent sur le premier coupable plausible, Israël. Arafat, de son vivant même, prévoit à plusieurs reprises un tel scenario, comme en 1990: «  Je dois faire la paix avec Shamir, avec Sharon qui a demandé à dix reprises au Mossad de me faire la peau »[30]. Sharon lui-même ne fait pas mystère de ses intentions. «Tout comme nous avons agi contre ces assassins, nous agirons contre Arafat»[31] précise -t-il en janvier 2002 avant de compléter le 2 avril 2004 : «Je ne proposerais à aucune compagnie d’assurance de l’assurer sur lavie»[32]. Plusieurs experts y croient, comme le français Georges Malbrunot d’après un entretien avec la DGSE[33] et comme l’israélien Aaron J Klein[34]. Le fait que la cause du décès soit inconnue par le fait que le Mossad aurait employé un poison militaire ne laissant soit aucune trace, soit des traces prêtant à confusion.

Tel-Aviv n’a que l’embarras du choix dans les mobiles. Arafat est un terroriste aspirant de surcroît à l’indépendance des Territoires Occupés. Il s’oppose aux colonies, dénonce les armes biochimiques et nucléaires de son adversaire. Mais plus que tout, il connaît trop de choses sur les relations ambigües entre les différents acteurs de ce conflit. Aussi, Sharon aurait profité de son arrivée au pouvoir pour régler un compte personnel avec son ennemi, depuis que le général avait «raté » Arafat lors du siège de Beyrouth, en 1982. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour l’éliminer, surtout que sa notoriété déclinait dans le cœur des Palestiniens? Qu’il soit ou non coupable, il est certain qu’Israël se réjouit de sa mort. En octobre 2004, Tel-Aviv force Arafat à quitter Ramallah pour se faire soigner à l’étranger, réussissant ainsi à l’éloigner, et cela sans la force. Le 25 octobre, Israël autorise le départ d’Arafat pour Paris sans garantir son retour, information contestée dès 2005 par Kapeliouk qui précise même que Sharon et son directeur de cabinet Dov Weissglas, acceptent également son retour et mieux, propose le bénéfice de médecins israéliens à Paris, ce qui est peu probable pour des raisons politiques.

Le Hamas, le Fatah ou Suha Arafat

Le Hamas reste le premier bénéficiaire du décès d’Arafat, dont le charisme était supérieur à celui d’Abbas. En 2005, son ascension, surtout à Gaza, s’effectue au détriment du Fatah. Sa culpabilité est donc crédible. Mais ses dirigeants accusent Israël et des séditieux du Fatah d’en être à l’origine, afin d’éloigner les Palestiniens du Fatah et ainsi récupérer la mise. Certes, l’idée d’un complot interne au Fatah est pertinente, dans la mesure ou le mouvement se scinde plusieurs fois entre pro-syriens, pro-jordaniens, ou pro-irakiens, mais aussi entre les partisans d’Oslo et ceux qui le refusent. Le Fatah se serait débarrassé d’Arafat, à cause de son autoritarisme et de sa corruption, mais aussi en raison d’une future purge qu’il souhaitait organiser. Ainsi, les suspicions se portent sur Abbas (soutenu par Israël et les Etats-Unis) lequel succède immédiatement à Arafat le 9 janvier 2005 comme président, aux dépends de son rival Marouane Barghouti. Sur la base d’archives personnelles du ministre Mohamed Dahlan, exhumés par le Hamas, Arafat n’aurait pas été assassiné directement par Israël, mais par des opposants palestiniens au premier rang desquels se trouvaient Mahmoud Abbas et Mohammed Dahlan. Israël n’aurait fourni que la matière première, le Polonium. L’argument est défendu par Thierry Meyssan[35] et Al-Jazeera[36], qui cite un document du 12 juillet 2009 de Farouk Kaddoumi, cofondateur et dissident du Fatah. L’annonce provoque un tel malaise que la chaîne est interdite momentanément dans lesTerritoires Occupés[37].

Maintenant, comment expliquer que Suha Arafat ait attendu 2012 pour demander une autopsie approfondie de la mort de son mari, et comment comprendre son opposition à la présence d’experts russes dans la commission d’enquête. Intéressons-nous donc à la famille d’Arafat. Le rais place les membres de sa famille à des postes stratégiques. Leïla Shahid, sa cousine, est représentante de l’Autorité Palestinienne en France. Nasser al-Qidwa son neveu est président de la Fondation Yasser Arafat. Son frère Fathi, est président du Croissant Rouge palestinien. Zahwa, sa fille née le 24 juillet 1995 à Paris, habitant maintenant avec sa mère à Malte, est plusieurs fois annoncée comme future haute-fonctionnaire de l’Autorité Palestinienne. Quand Suha, une chrétienne de 27 ans, et Arafat 59 ans se marient le 17 juillet 1990 à Tunis, ils le font en secret, en raison de l’hostilité de l’entourage d’Arafat. La relation est rendue publique en fait rapidement, afin de s’allier les chrétiens, surtout ceux d’Orient, et l’amitié du pape. Cependant, l’ancienne l’épouse d’Arafat, appartenant à la jet-set mondial, est parfois accusée de malversations. En octobre 2003, elle est interrogée par la police française dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent[38]. Fin novembre 2004, elle accepte dix millions de dollars et une pension de cent mille dollars par an (certains disent par mois) pour se faire oublier et ne pas participer à la politique palestinienne. Suha Arafat avait intérêt-elle intérêt à tuer Arafat, pour hériter, ou pour faire en sorte que sa fille lui succède? C’est peu probable car Suha demeure aujourd’hui sans protection, ce qui explique qu’elle ait quitté la Palestine avant 2004, craignant pour sa vie. Mais pourquoi refuser l’autopsie et les Russes[39]. Soit Arafat souffrait de maladie honteuse, soit que la cirrhose risque d’être attestée La veuve explique que la Russie n’est plus alliée de la cause, et que la décision d’Abbas d’inhumer Arafat s’est faite sans elle. Mais il est aussi possible que les Russes soient les seuls à découvrir les vrais coupables, et que Suha n’était qu’une complice. Mais il n’existe pas aucune preuve. Il est enfin possible que Suha, ayant tout de même voulu que l’enquête soit relancée, souhaite exercer un chantage sur le Fatah, le seul coupable à ses yeux, afin de lui extorquer des «compensations»[40].

Conclusion

Le secret demeure donc. Toutefois, attendre des médecins français et étrangers une transgression du serment d’Hippocrate, qui plus est sur le cas d’une maladie honteuse ou d’un assassinat, relève d’une grande naïveté. Si la thèse de l’empoisonnement est avérée, il est certain que la France, par convenance diplomatique, ne l’affirmera jamais. Rappelons les nombreux cas où des médecins ou sciemment menti sur l’état de santé des président en exercice, ce que tous les experts oublient de mentionner. En réalité, il semble bien qu’Arafat gênait et qu’une coalition d’intérêts se soit réunie pour le faire disparaître, en laissant derrière elle des traces permettant de partager les responsabilités. Les commanditaires se renvoient la responsabilité dans un jeu médiatique tacite en jouant sur les rumeurs et les informations avérées ou non, distillées sciemment Par ce biais, les coupables évitent de se mettre à dos une communauté internationale qui se serait cristallisée contre le coupable d’un crime contre un Nobel de la Paix.

Nicolas Ténèze

Nicolas TénèzeDocteur en Science Politique, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’université Toulouse Capitole, membre du Groupe de Recherche Sécurité et Gouvernance, du Groupe de Recherche en Histoire Immédiate et membre associé de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale. Il a publié sur l’arsenal nucléaire pakistanais et israélien, les boucliers antimissiles israélo-américains, les dites «révolutions arabes», et le terrorisme non-conventionnel. Il travaille également au projet de recherche SAMOSA/SALSA avec le CEA et l’Agence Nationale de la Recherche.

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[1] Jerusalem Post, 4 août 2007, «Ex-Arafat aide: Chirac knowsIsrael killed Arafat», Khaled ABU TOAMEH.

[2] Sten Forshufvud, Napoléon a-t-il été empoisonné ? Plon, 1961

[3] Le Monde, 15 juillet 2009, « L’Autorité palestinienne interdit Al-Jazira en Cisjordanie ».

[4] CRIF, 4 décembre 2012, «Arafat : La vérité sortira-t-elle du mausolée de la Mouqata ?», Martin Perez.

[5] Le Monde, 24 novembre 2012, «La dépouille de Yasser Arafat sera exhumée mardi».

[6] Le Figaro, 27 novembre 2012, «Souha Arafat troublée par la présence d’experts russes».

[7] NYT, 15 octobre 1997, «Diplomatic Struggle Follows Bungled Assassination Attempt in Jordan».

[8] L’orient Indiscret, 5 juillet 2012, «Arafat : la France sait, mais elle se taira», Georges Malbrunot.

[9] Jacques Attali, Verbatim III, Fayard, 1995, p. 229.

[10] Madeleine Albright, Madame la secrétaire d’Etat, Albin Michel, 2003, p.366.

[11] Ibid.

[12] Arte, 22 juillet 2009 à 21h35, op.cit.

[13] Rapport final de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, intitulé dans sa version originale The 9/11 Commission Report (W.W. Norton, New York, 2004), p.66.

[14] Jacques Attali, Verbatim III, op.cit., p. 227.

[15] Le Figaro, 10 mai 2010, « Décès d’un rabbin, ex-ministre d’Arafat ».

[16] Jacques Attali, Verbatim II, op.cit., p. 107

[17] Madeleine Albright, op.cit., p. 588.

[18] Charles Enderlin, Le Grand Aveuglement, Israël et l’irrésistible ascension de l’Islam radical, Albin Michel, 2009.

[19] Alexandre Adler va jusqu’à affirmer qu’Arafat soutiendra Sharon contre Barak. Alexandre Adler, Jai vu finir le monde ancien, Hachette Littérature, Pluriel, 2003, pp.206-220. En retour, « Arik » aurait encerclé Arafat dans la Moukatah, afin de rehausser le martyr d’Arafat, dont l’image de résistant était fortement concurrencée ses rivaux palestiniens.

[20] Madeleine Albright, op.cit., p. 387.

[21] J Forum, 30 novembre 2012, «Arafat : le stéréotype du “Juif empoisonneur». Pierre-André Taguieff.

[22] Le Monde Diplomatique, novembre 2005, «Yasser Arafat a-t-il été assassiné ?».

[23] USA Today, 12 October 2005, « Palestinians: Cause of Arafat death remains a mystery ».

[24] Jforum, 10 juillet 2012, «Le mystère de la mort d’Arafat».

[25] Réseau Voltaire, 11 novembre 2010, « Les circonstances politiques de la mort de Yasser Arafat », Thierry Meyssan.

[26] L’Arche, octobre 2007, p. 60.

[27] Slate, 28 août 2012, «Ce que révèle le compte-rendu d’hospitalisation de Yasser Arafat».

[28] Al Jazeera, 4 juillet 2012, « Arafat’s widow calls to exhume his body»

[29] Yves Bonnet, Albert Farhat, Gaza au cœur de la tragédie, Paris, Timée, 2009, p.154.

[30] Jacques Attali, Verbatim III, op.cit., p. 227.

[31] Yediot Aharonot, 14 septembre 2004. Maariv, 4 novembre 2004.

[32] Le Monde, 27 novembre 2012, «Les zones d’ombre autour de la mort de Yasser Arafat». Hélène Sallon.

[33] L’Orient Indiscret, 5 juillet 2012, «Arafat : la France sait, mais elle se taira», Georges Malbrunot.

[34] Aaron Klein, Striking Back, Random House, 2005, 272 pages.

[35] Réseau Voltaire, 11 novembre 2010, « Les circonstances politiques de la mort de Yasser Arafat », Thierry Meyssan.

[36] Al Jazeera, 7 juillet 2012, «The strange death of Yasser Arafat».

[37] Le Monde, 15 juillet 2009, « L’Autorité palestinienne interdit Al-Jazira en Cisjordanie ».

[38] Freddy Eytan, op.cit., p. 259.

[39] Mais un rapport existe bien en novembre 2004 et de plus, si les médecins français affirmaient n’avoir pas pu déceler la cause de la mort, c’est que l’autopsie a été réalisée.

[40] Certaines sources affirment que Souha a saisi la justice pour qu’aucune information de son dossier médical ne soit transmise et aurait refusé une offre de 2 millions de dollars en échange de l’accès au dossier médical d’Arafat.

 

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