Course à l’espace en Asie ? Intérêt, limites et dépassement d’une métaphore

Perspectives Internationales 21/09/2014 0

Nombreuses sont les références faites ces dernières années à l’émergence d’une course spatiale en Asie[1]. La notion est évidemment polémique, ne serait-ce que parce qu’aucun des acteurs impliqués ne reconnaît explicitement son existence. Elle est également polysémique au point qu’il serait sans doute davantage justifié de parler de « courses » au pluriel. De l’aveu même de Clay Moltz, l’un des spécialistes adeptes de la notion :

« Asia’s space rivalry is more like a long-duration cross-country race, with many runners and many different objectives. Some know they will not win, but they want others (and their own populations) to know that they are actively participating[2]».

Elle souffre aussi naturellement du fait qu’elle n’est qu’une métaphore utilisée pour décrire une réalité complexe, par ailleurs très différente du sprint ayant caractérisé la compétition idéologique entre l’URSS et les Etats-Unis durant la Guerre froide[3]. Mais qu’elle soit réelle ou fantasmée importe finalement assez peu. La réalité, se défendent ses partisans, est que l’attraction médiatique que l’idée d’une course à l’espace en Asie justifie à elle seule qu’elle soit prise avec sérieux. Son examen se doit d’être d’autant plus approfondi que l’exercice peut contribuer par l’occasion à éclairer judicieusement les relations existant entre les différentes puissances spatiales d’Asie.

Intérêt

La notion de course spatiale est utilisée pour décrire l’attention grandissante avec laquelle les Etats asiatiques regardent la technologie spatiale et le sentiment d’urgence qui prévaut parmi eux lorsqu’ils scrutent les efforts accomplis dans ce domaine par leurs voisins immédiats. Le foisonnement est palpable, quasiment sans limite lorsque l’on s’approche du cœur de la cible qui est constitué par le trio déjà ancien Chine-Inde-Japon, beaucoup moins intense et varié lorsque l’on se déplace vers les nouveaux entrants attirés par les avantages socio-économiques de la conquête de l’espace, à l’image de la Malaisie, des Philippines, de la Thaïlande ou encore du Vietnam. Ces pays ne peuvent rivaliser directement avec les leaders et préfèrent donc se fournir en technologies étrangères pour obtenir les données et les services essentiels pour leur développement, tout en s’efforçant de bâtir certaines capacités de base. Mais d’autres ont une approche beaucoup plus compétitive de l’espace, qu’il s’agisse de la Corée du Sud ou de Taïwan, ou, pour d’autres raisons, du Pakistan et de la Corée du Nord.

Pour tous ces pays, peu importe s’il ne reste plus aucune grande « première » à accomplir, l’objectif est d’être, sinon premiers en Asie – et a fortiori dans le monde –, du moins premiers en comparaison avec leurs principaux rivaux régionaux, choisissant de devenir grands parmi les petits plutôt que petits parmi les grands. Un exemple frappant est la compétition dont la péninsule coréenne a récemment été le témoin pour savoir qui, de Pyongyang ou de Séoul, serait le premier à revendiquer avec succès un lancement en orbite. L’honneur est finalement revenu à la Corée du Nord fin 2012. Un autre exemple est fourni par le regain d’intérêt, ces dernières années, pour l’exploration lunaire. Ainsi, lorsque Chang’e 1, le premier satellite d’observation de la Lune jamais lancé par la Chine, est entré en orbite lunaire, le 5 novembre 2007, c’est pour constater qu’une sonde japonaise l’y attendait depuis déjà trois semaines. L’arrivée, un an plus tard, de la première sonde lunaire indienne, Chandrayaan 1, a achevé de donner à l’ensemble, sur le plan tant symbolique que concret, un air bien connu de course. L’impression a été en tout cas suffisamment forte pour inspirer à Time Magazine une couverture intitulée « 40 Years Later, It’s Moon Race 2.0 »[4]. Gageons qu’elle persistera alors que l’atterrissage de Chang’e 3 et de son rover Yutu sur notre satellite naturel, fin 2013, de même que l’annonce par l’Inde et le Japon de missions similaires prévues pour les 2-3 prochaines années, laissent penser qu’un deuxième round est actuellement en préparation.

L’idée d’une course spatiale en Asie permet pour les auteurs qui l’adoptent d’exprimer l’intensité – inédite dans la région – des actions entreprises par chacun dans l’espace et le caractère tous azimuts et largement interactionnel de celles-ci. Autant d’éléments que vient expliquer en grande partie « l’avantage du retard », soit la capacité de bénéficier de technologies et savoir-faire déjà existants plutôt que de les développer soi-même, ainsi que la possibilité d’injecter directement des fonds dans les secteurs où la technique spatiale offre le plus de bénéfices (communications, observation, navigation, météorologie et certains domaines de la défense) plutôt que de se perdre en dépenses inutiles dans des activités où le débouché est incertain. Cette idée permet aussi de souligner la relative immaturité des acteurs qui, à la façon de « nouveaux riches » (les parvenus selon Richard Ned Lebow) ne disposant pas du « capital culturel » pour déchiffrer les signaux sociaux les plus subtils ou de « poseurs » trop pauvres pour s’acheter autre chose que des marques contrefaites (l’intérêt n’est pas de gagner mais de participer), tendent à exprimer de manière bruyante et spectaculaire leur aspiration[5]. L’intérêt pour le vol habité, délaissé par les puissances établies qui jugent l’effort – passé un certain seuil de tolérance – anachronique et contreproductif, illustre cette tendance. Il en est de même de la volonté de plus en plus répandue parmi les petites nations d’acquérir un satellite de télécommunication national, et cela en dépit des nombreuses solutions commerciales qui existent dans un marché très concurrentiel et par ailleurs dépendant d’une ressource spectrale limitée.

Limites

A ce stade, la préoccupation principale des auteurs est de savoir si cette rivalité pourra conduire à une exacerbation des tensions déjà existantes entre les différents pays et provoquer dans la foulée une déstabilisation préjudiciable pour tous de l’environnement spatial. Dit autrement, cette course à l’espace est-elle susceptible de se transformer un jour en une course aux armements voire en un conflit ? D’ordinaire, une telle crainte pourrait être écartée avec confiance. La liberté d’accès et d’utilisation des ressources spatiales, quel que soit l’usage final de celles-ci (renseignement militaire, activités civiles ou scientifiques de prestige, développement socio-économique…), dépendent en effet d’un environnement stable et sécurisé sur la durée. Le paradoxe d’un milieu interactif comme l’espace est que la compétition ne peut s’y développer que sur la base d’une coopération minimale, fondée sur une compréhension commune des enjeux et des défis. La Guerre froide ne montre pas autre chose, elle dont la rivalité – et les bénéfices militaires et politiques que les deux Grands ont pu en tirer – ne s’est maintenue que grâce à des contacts réguliers et l’existence de normes de consultation et de mécanismes de prévention des conflits et de gestion bilatérale des crises. A en croire les observateurs, rien de tel n’existe aujourd’hui en Asie.

Trois constats peuvent être établis avec profit. 1) Le premier est que l’Asie se différencie nettement de l’Europe où la maîtrise de la technique spatiale est depuis presque le début synonyme de plus de coopération, et non de plus de compétition. En règle générale, les puissances spatiales asiatiques agissent isolément les unes des autres, partagent peu d’information, et affichent à la fois une grande divergence de points de vue sur les défis posés par l’exploitation de l’espace et la question de sa sécurité et une préférence nette pour les solutions nationales. 2) Là où une coopération a émergé, elle s’est inscrite dans un cadre inspiré en premier lieu par la compétition et la bataille pour les cœurs et les esprits (et les ressources). Ainsi, l’APSCO (Asia-Pacific Space Cooperation Organization), créée au début des années 1990, a su séduire une poignée d’acteurs spatiaux mineurs mais ni l’Inde ni la Corée du Sud – et moins encore le Japon – n’ont cherché à y adhérer, étant donné le rôle majeur joué en son sein par la Chine. Le fait que le Japon et l’Inde soient tous deux à la tête d’organisations similaires ne facilite rien, et ce malgré des fonctions et un recrutement se chevauchant en grande partie[6]. 3) Il s’ensuit ce que Moltz qualifie de problème du « chaînon manquant » : l’absence de coopération de fond entre les trois grandes puissances spatiales asiatiques que sont la Chine, le Japon et l’Inde. Et de fait, chacun des programmes de ces trois pays n’a aucun mal à établir des contacts parfois très étroits avec des acteurs extérieurs à la région (comme la Russie, les Etats-Unis ou les membres de l’ESA) et à se lier avec des partenaires régionaux plus faibles à des fins d’influence économique et politique, mais ils n’entretiennent aucune relation approfondie entre eux[7].

Des scorpions enfermés dans une même bouteille ne peuvent pas s’éviter éternellement : viendra un moment où, fatidiquement, l’un interprétera mal le mouvement de l’autre au risque de transformer leur chorégraphie en danse mortelle. Faute d’une prise de conscience du danger que font peser l’absence de dialogue et la persistance de relations de méfiance, le risque est donc grand que la course tourne à la confrontation. Cette conclusion, qui vaut aussi pour la relation sino-américaine[8], s’impose d’autant plus dans le cas présent que les principales puissances du continent semblent de plus en plus intéressées par la maîtrise d’applications spatiales militaires offensives. Le test antisatellite (ASAT) que la Chine a réalisé le 11 janvier 2007, et qui a consisté en l’interception et la destruction sur orbite du vieux satellite météorologique Feng Yun-1C, créant par la même occasion quelque 3 000 débris divers – dont certains seront toujours en orbite autour de la Terre en 2050 –, est un exemple souvent cité. A juste titre. Il y a là un développement majeur que la notion de course spatiale, parce que porteuse d’une vision totalisante et raccourcie de la réalité, échoue néanmoins à analyser dans toute sa profondeur et sa richesse. Ce n’est pas un hasard si, une fois passé l’étape un brin tautologique du diagnostic et des problèmes qui sont soulevés (absence de coopération) et de la solution logique que ces derniers requièrent (plus de dialogue et plus de transparence), la plupart des auteurs ont tendance à s’égarer dans les détails par trop répétitifs des différents programmes spatiaux d’Asie.

Si l’objectif recherché par un Etat participant à une course est de signaler un statut, alors il n’est sans doute pas inutile de distinguer parmi les marqueurs utilisés ceux ayant des fonctions instrumentales ou utilitaires de ceux manifestant une logique plus expressive. C’est ainsi que le programme de porte-avions chinois, dont les implications ne sont pas que symboliques mais aussi militaires et stratégiques, diffère d’un cas de consommation ostentatoire plus expressif comme l’organisation des Jeux olympiques de l’été 2008. La plupart des projets spatiaux procède de cette double fonction alors que leur coût est souvent exorbitant et les bénéfices tangibles rarement évidents ou en tout cas immédiats[9]. Le développement de capacités ASAT, tout comme d’ailleurs la possession de l’arme nucléaire, ne fait pas exception[10]. Il signale de toute évidence un statut de grande puissance alors que la possession d’une telle technologie n’est confirmée a priori que par les Etats-Unis et la Russie. Surtout, quoique les débuts du programme antisatellite en Chine datent des années 1980, celui-ci est longtemps demeuré sous-financé et n’a véritablement émergé, non pas en réponse à une menace grandissante, mais lorsque le pays a commencé à disposer de meilleures finances. Le tir de 2007, indiquait ainsi la déclaration officielle du 23 janvier dans une formule que les tests suivants répéteront à loisir, « ne visait aucun pays ». Ce changement de perspective par rapport au discours habituel sur la course à l’espace permet de proposer deux analyses riches en enseignements auxquelles le restant de ce papier sera brièvement consacré : 1) la première porte sur l’absence apparente de dilemme de sécurité, 2) la seconde, quant à elle, a trait à l’existence d’un dilemme de statut.

Reconstruction

La dynamique d’armes dont le phénomène de course aux armements constitue un point extrême prend trois formes complémentaires. 1) La première, la plus classique, également qualifiée de modèle de l’action-réaction, est une conséquence directe de la structure anarchique du système international et de l’incertitude qu’elle impose sur les relations entre Etats : chacun étant une menace potentielle pour les autres, les Etats sont incités à constamment craindre pour leur survie et donc à ajuster leurs niveaux de dépenses militaires aux menaces perçues. Le dilemme de sécurité à l’origine de cette tendance introduit une contradiction à laquelle il est difficile d’échapper, car dès lors qu’un Etat entreprend d’améliorer sa propre sécurité, il affaiblit presque obligatoirement celle de ses voisins, poussant ces derniers à prendre des contremesures et donc à annuler les efforts opérés par le premier Etat. 2) La seconde, ou modèle domestique, repose sur l’idée, bien connue elle aussi, que la dynamique d’armes est déterminée, sinon impulsée, par des facteurs internes aux Etats, que ces derniers soient économiques, organisationnels, culturels ou politiques. Son existence est attestée par le complexe militaro-industriel, du nom donné par le président Eisenhower au groupement permanent de R&D aux Etats-Unis. Mais qu’on le critique ou non pour les distorsions qu’il provoque, il faut reconnaître qu’il est avant tout une traduction du processus d’institutionnalisation rendu nécessaire par les défis de la technologie moderne et ses contraintes de financement, de développement et d’acquisition. 3) Vient enfin ce que Barry Buzan a appelé « l’impératif technologique »[11]. Son fonctionnement est similaire à celui de l’anarchie s’il n’y avait le fait que le contexte est non plus politique ou sécuritaire mais technologique. Un Etat ne peut jamais être certain que les armes qu’il possède aujourd’hui seront toujours aussi efficaces demain. Sa plus grande crainte est que, faute de ne pas être à la pointe de l’innovation ou, du moins, capable de suivre le leader pour ne pas laisser s’aggraver le fossé technologique, il devienne incapable de bénéficier d’un flux continu de nouvelles armes et de possibilités de nouvelles armes.

Fait remarquable, les deux paires d’explication généralement données pour présenter les motivations derrière le test spectaculaire de 2007, et donner par extension du sens au programme ASAT chinois, recouvrent ces deux premiers modèles, mais font fi du troisième. La première de ces explications est que le test ASAT fait partie d’un effort plus vaste d’optimisation des capacités de défense de la Chine vis-à-vis des Etats-Unis visant, pour dire les choses simplement, à « frapper là où ça fait mal ». Elle doit sa popularité au penchant qu’ont les grandes puissances à interpréter chaque décision comme une réponse à leurs propres actions. Un second argument selon lequel le test était une réaction au changement de doctrine opéré par l’administration Bush en 2006 s’inscrit ainsi dans la même logique. Tous les deux suggèrent que la réponse outrée des Etats-Unis et de ses alliés était prévisible : un postulat que les faits semblent contredire étant donné l’impréparation évidente de Pékin une fois le test rendu public. Une seconde explication, rapportée par exemple encore récemment par Robert Gates dans ses mémoires[12], soutient, quant à elle, que l’Armée populaire de Chine a procédé au test sans en avoir informé ni demandé l’approbation de l’Etat et du Parti. Cette conclusion a le mérite, entend-on, de résoudre l’apparente incohérence de la stratégie chinoise, autorisant un test ici, mais affichant ailleurs son soutien en faveur d’un traité contre le déploiement d’armes spatiales. Elle ne fait en réalité qu’exprimer un point de vue biaisé. La réalité, corroborée par les travaux de Jeffrey Lewis et de Gregory Kulacki, mais que la requalification des tests antisatellites suivants en tests antimissiles permet depuis d’affermir, est que la Chine est intéressée avant tout par la technologie de destruction par interception (dite « hit-to-kill » dans le jargon) avant de l’être par ses possibles applications[13].

Les mêmes raisons qui poussent la Chine à investir dans des systèmes disposant de cette capacité expliquent en retour l’intérêt que cette dernière rencontre chez d’autres nations comme le Japon ou, plus récemment, l’Inde, sans qu’une compétition militaire de nature spatiale soit explicitement et directement à l’œuvre. L’impératif technologique montre comment des Etats peuvent être forcés à se comporter d’une manière qui ressemble à une course aux armements, mais dans laquelle la motivation principale est moins la rivalité que la volonté en soi de maintenir un niveau technologique adéquat. Et de fait, plus le rythme d’innovation est grand – et celui-ci se définit à la fois indépendamment des facteurs politiques ou militaires et globalement –, plus la frontière séparant le maintien du statu quo technologique de la course aux armements est difficile à discerner. Cela est d’autant plus le cas que les signaux qu’un pays envoie en développant un tel programme ne sont pas tous nécessairement intentionnels ni d’ailleurs cohérents. S’ils ont clairement, par exemple dans le cas de la Chine, une visée domestique voire nationaliste misant sur la fierté retrouvée d’être une nation moderne après l’humiliation infligée au XIXe siècle[14], l’impact, lui, est par nature beaucoup plus large et les destinataires aussi bien intérieurs qu’internationaux. D’où la contradiction qui, du point de vue de l’observateur extérieur du moins, semble être soulevée par l’existence à la fois d’un programme ASAT et le désir de conclure un traité contre le déploiement d’armes spatiales, la volonté d’afficher un statut de grande puissance à travers la maîtrise de la haute technologie et le désir mainte fois répété de poursuivre une ascension pacifique.

Conclusion

La riposte non-avouée des Etats-Unis en 2008 prend ici, par exemple, tout son sens. La destruction d’un satellite américain à la dérive à partir d’un missile SM-3 Aegis semble en effet davantage répondre à des considérations de prestige que de sécurité. Privé de clés de compréhension proprement chinoises, le président Bush, piqué au vif, a naturellement cru que le test ASAT était porteur d’un message et que celui-ci lui était adressé directement sous la forme d’un défi. Aussi a-t-il voulu signaler à son homologue chinois que l’Amérique aussi était capable de conduire un test antisatellite – sans d’ailleurs avoir à supporter les coûts politiques liés à la production de nouveaux débris puisqu’aucun n’a été créé à cette occasion. L’on mesure le risque que ce genre de mesures hyperboliques et disproportionnées, associées à la prolifération des capacités hit-to-kill, peut présenter. Au-delà du débat qu’un tel exposé peut susciter, il apparaît donc que la notion de course à l’espace est surtout utile lorsque l’on garde à l’esprit qu’elle n’est qu’un point de départ d’une réflexion plus large : la problématique majeure demeure celle de savoir si le dilemme de sécurité est apparent ou réel et quelles conséquences le dilemme de statut a sur cette question. Cette rapide présentation n’était donc qu’un début.

Guilhem PENENT

Guilhem Penent est doctorant en relations internationales. Diplômé de Sciences Po Bordeaux, lauréat 2011 du prix de l’armée de l’air et ancien élève de l’International Space University, il vient de faire paraître aux éditions Argos L’Europe spatiale : le déclin ou le sursaut.

[1] SEEDHOUSE, Eric, The New Space Race: China vs. the United States, New York, Springer, 2010 ; SIDDIQI, Asif, « An Asian Space Race, Hype or Reality? », in Ghoshroy, Subrata et Neuneck, Gotz (eds.), South Asia at a Crossroads: Conflict or Cooperation in the Age of Nuclear Weapons, Missile Defense, and Space Rivalries, Baden-Baden, Nomos, 2010, p. 184-198 ; Moltz, James Clay, Asia’s Space Race: National Motivations, Regional Rivalries, and International Risks, New York, Columbia University Press, 2011 ; et LELE, Ajey, Asian Space Race: Rhetoric or Reality?, New Delhi, Springer, 2013. La référence à Seedhouse se justifie moins par son intérêt que par son antériorité. Quoique non sans défauts, l’ouvrage de Moltz est sans doute celui parmi les quatre que nous recommanderions avec le plus d’empressement. Son principal avantage est de puiser dans un cadre théorique sophistiqué – tiré de travaux antérieurs – pour enrichir sa réflexion. Le livre de Lele est le seul à offrir une perspective véritablement asiatique, l’auteur étant lui-même spécialiste de la région et chercheur à l’Institute for Defence Studies and Analyses de New Delhi. Siddiqi offre, quant à lui, une très bonne introduction. Pour un résumé, voir notamment MOLTZ, James Clay, « Asia’s space race », Nature, 480, 8 décembre 2011, p. 171-173 ; et LELE, Ajey, « An Asian Space Race? », Space News, 21 novembre 2012. Pour une chronologie de base, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Comparison_of_Asian_national_space_programs.

[2] MOLTZ, Asia’s Space Race, p. 3.

[3] LELE, Asian Space Race: Rhetoric or Reality?, p. 13.

[4] Kluger, Jeffrey, « 40 Years Later, It’s Moon Race 2.0 », Time, 13 novembre 2008.

[5] LEBOW, Richard Ned, A Cultural Theory of International Relations, New York, Cambridge University Press, 2008, p. 429-428, 539-540.

[6] Siddiqi, « An Asian Space Race, Hype or Reality? », p. 196.

[7] Moltz, Asia’s Space Race, p. 33.

[8] Johnson‐Freese, Joan, « Scorpions in a bottle: China and the U.S. in space », The Nonproliferation Review, 11 (2), 2004, p. 166-182.

[9] Cunningham, Fiona, « The Stellar Status Symbol: True Motives for China’s Manned Space Program », China Security, 5 (3), 2009, p. 73-88

[10] Ibid., p. 88.

[11] Buzan, Barry, An Introduction to Strategic Studies: Military Technology & International Relations, Londres, The Macmillan Press, 1987 ; Buzan, Barry et Herring, Eric, The Arms Dynamic in World Politics, Boulder, Lynne Rienner, 1998.

[12] Gates, Robert M., Duty: Memoirs of a Secretary at War, New York, Knopf, 2014.

[13] Kulacki, Gregory et Lewis, Jeffrey G., « Understanding China’s Antisatellite Test », The Nonproliferation Review, 15 (2), 2008,p.335-347.

[14] Cunningham, « The Stellar Status Symbol ». Voir aussi Gregory Kulacki et Jeffrey G. Lewis, A Place for One’s Mat: China’s Space Program from 1956-2003, Cambridge, American Academy of Arts and Science, 2009.

Leave A Response »