Le renouveau des relations économiques maroco-africaines

Perspectives Internationales 16/07/2014 1

L’importance pour le Maroc de ses relations avec l’Afrique subsaharienne n’est pas nouvelle. Le Maroc a toujours été conscient des liens culturels et religieux qu’il entretient avec le reste du continent, et les rois successifs se sont employés à développer des relations politiques et diplomatiques stables avec les Etats africains. Le Maroc a été l’un des membres fondateurs de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) lors de sa création à Addis-Abeba le 25 mai 1963, bien qu’il s’en soit retiré depuis. Sans être membre de l’Union Africaine (UA) depuis 1984, il a malgré tout construit avec les Etats africains des relations diplomatiques sur des bases solides, et participe de manière non-officielle aux négociations de l’organisation.

Aujourd’hui, le Maroc joue la carte du business. Plusieurs éléments conjoncturels ont conféré au continent africain une attractivité nouvelle en matière économique, et ont révélé une sous-exploitation des relations économiques maroco-africaines. La crise économique et financière de 2008 a révélé une faiblesse et une insuffisance des marchés stratégiques traditionnels, notamment le marché européen. Sur le plan national, quatre domaines ont été directement impactés : les échanges commerciaux, l’activité touristique, les transferts des MRE et les flux de capitaux dont les IDE[1]. A cela sont venues s’ajouter récemment les conséquences des bouleversements de 2011 dans les pays arabes, à savoir une instabilité politique et financière dans les zones concernées et une inflation record sur de nombreux produits alimentaires et énergétiques. La recherche de nouveaux marchés moins touchés par la crise et l’inflation est alors devenue une nécessité pour le Maroc.

Ceci explique que le Royaume n’ait pas attendu longtemps pour surfer sur la vague rhétorique du « Africa rising »[2], et ait fait de l’Afrique son terrain de développement économique et le centre de sa politique étrangère, insufflant une nouvelle « dynamique de coopération économique »[3]. Depuis quelques années, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a ainsi multiplié les actions visant à développer les relations économiques, financières et commerciales avec l’Afrique subsaharienne, qu’il regroupe sous les termes de « co-développement » et de « coopération Sud-Sud ». Il en résulte un accroissement significatif du volume des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne, qui a été multiplié par 5 entre 2002 et 2014 (de 3,6 à 17,8 milliards de dirhams). Alors qu’en 2000, le Maroc réalisait 50% de ses exportations avec l’Afrique subsaharienne, il en réalise aujourd’hui plus des 2/3[4]. Cette hausse des échanges commerciaux va de pair avec une présence accrue des entreprises marocaines sur le continent (près de 1000 aujourd’hui[5]). On peut parler d’une internationalisation (ou plutôt d’une continentalisation) de plusieurs secteurs de l’économie marocaine : la banque (Attijariwafa Bank, BMCE Bank et Banque populaire), l’assurance (Wafa Assurance, Saham Assurance, RMA Watanya), les télécoms (Maroc Telecom), et plus récemment le BTP (EMT Bâtiment, TGCC…) et les NTI (IB Maroc, HPS,…)[6].

Cette coopération économique et financière nouvelle entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne mérite d’être questionnée, tant dans ses modalités que dans ses finalités. Dans quelle mesure participe-t-elle d’une dynamique de coopération Sud-Sud et quels en sont les réels bénéficiaires ?

Une ambition de « hub » en deux phases et trois dimensions

La stratégie africaine du Maroc se veut à la fois globale et plurielle, dans la mesure où elle englobe les aspects sociaux, culturels, politiques, religieux et surtout économiques. A l’horizon de ce déploiement de diplomatie économique : l’ambition de faire du Maroc un véritable « hub » pour le continent africain. La notion de diplomatie économique est entendue ici comme « l’ensemble des mécanismes et pratiques adoptés par des individus ou groupes, étatiques ou non-étatiques, dans le but de réaliser des objectifs économiques d’un Etat par le recours à des moyens politiques, ou de réaliser des objectifs politiques par le recours à des moyens économiques »[7]. Cet objectif de « hub » est réalisé grâce à une stratégie en deux phases, qui se conçoit de manière tridimensionnelle et se décline sur plusieurs secteurs d’activités. Le Souverain en a donné le coup d’envoi en 2000, avec une mesure forte : l’annulation des dettes des PMA (Pays les Moins Avancés, qui étaient au nombre de 25) et l’exonération totale de droits de douanes pour les produits exportés de ces pays vers le Maroc[8].

Dans un premier temps, l’Etat marocain a entrepris plusieurs projets de développement structuraux en Afrique subsaharienne, menés par les entreprises publiques marocaines, qui ont contribué à l’amélioration des infrastructures. Puis, les sociétés marocaines privées ont pris le relais et ont sillonné le continent afin de signer de nombreux partenariats bilatéraux dans divers domaines (télécommunications, banques, assurance, tourisme, etc.). En parallèle de ces deux phases, des actions à caractère promotionnel (caravanes de l’export, rencontres B-to-B, foires et salons d’affaires, etc.) ont été menées afin d’exporter une « vision » marocaine du doing business et d’offrir un terrain favorable à l’arrivée des entreprises marocaines et à la signature d’accords.

Ces deux phases temporelles servent à implémenter une stratégie tridimensionnelle. La première dimension est bilatérale : le Maroc cherche avant tout à privilégier et multiplier les accords et partenariats bilatéraux avec les Etats africains. Le principal outil de réalisation de cette dimension réside dans l’importance des visites officielles, caractérisées par leur densité et leur fréquence. Ainsi, la dernière « tournée africaine » du Souverain a duré plus de trois semaines (du 18 février au 6 mars 2014) et a couvert une zone géographiquement étendue (du Mali au Gabon, en passant par la Guinée Conakry et la Côte d’Ivoire).

Pourtant, comme l’a précisé Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Bruxelles en avril 2014 : «  Au-delà des relations bilatérales, cette stratégie volontariste ambitionne également la réalisation conjointe de projets phares structurant à vocation régionale, voire continentale (…). Le Royaume du Maroc ne cesse de plaider pour l’intégration régionale en Afrique, comme cadre pertinent d’une réponse efficace à chacune des crises spécifiques qui sévissent, ici ou là, en Afrique mais aussi comme niveau approprié d’exploitation des complémentarités, affinités et ressources particulières à chaque sous-région »[9]. Le Maroc se place comme moteur d’une intégration régionale, qu’elle soit économique, commerciale ou financière. Mais de quelle région parle-t-on ? Pour Casablanca Finance City (le nouveau centre financier de Casablanca créé en 2010), ce n’est pas le continent africain dans son ensemble qui est visé, mais une région spécifique qu’ils ont nommé GNWA (« Grand North West Africa » ou Grand Nord-Ouest Africain). Cette zone, qui s’étend de la pointe Nord du Maroc à la pointe Sud de la RDC, concerne 28 pays et près de 540 millions d’habitants. « Pourtant, son PIB est proche de celui de la Corée du Sud » explique une employée de Casablanca Finance City[10]. Les perspectives de progression pour ces petites économies sont donc immenses. Le Maroc se sent porteur d’une mission : celle d’unir la zone en centrant les activités économiques à Casablanca afin d’attirer les investisseurs et de favoriser le développement et la croissance. C’est dans cette démarche que s’inscrit Casablanca Finance City, qui ambitionne de coordonner toutes les filiales africaines des grandes entreprises et multinationales, tous secteurs confondus, afin d’ « harmoniser les partenariats Sud-Sud ». Dans la même dynamique, la compagnie marocaine Royal Air Maroc peut aujourd’hui se vanter d’assurer la desserte de 30 capitales africaines et fait ainsi de Casablanca une escale incontournable au sens premier du terme, offrant une illustration symbolique de l’expansion économique du Maroc en Afrique. L’équivalent sur le plan maritime est sans doute le port TangerMed, véritable plateforme portuaire et logistique africaine.

La troisième et dernière dimension, qui peut être qualifiée de tripartite, amène de nouveaux questionnements quant aux cibles et aux bénéficiaires de cette stratégie africaine. Il s’agirait en effet d’établir une coopération d’une part avec les pays africains, et d’autre part avec des pays dits « développés » tels que les pays européens, les Etats-Unis, le Japon ou des agences de développement comme la FAO. Qui sont alors les gagnants d’une telle coopération ? Est-ce un moyen pour les Etats africains d’accéder plus facilement au savoir-faire des pays développés ? Ou est-ce au contraire une porte d’entrée pour les pays du Nord, qui peuvent ainsi accentuer leur main-mise sur le développement des pays du Sud ?

Une coopération Sud-Sud… sans se couper du Nord

Le Maroc affiche clairement sa détermination à participer et à encourager la coopération Sud-Sud sur la scène internationale. Le Roi l’a d’ailleurs placée en tête de ses priorités en termes de politique étrangère, lors du discours qu’il a donné à Rabat en avril 2007 à l’occasion de la première Conférence Africaine sur le Développement Humain, et l’a confirmée lors de sa visite officielle à Abidjan en février 2014 : « La coopération, hier basée sur la relation de confiance et les liens historiques, est, aujourd’hui, de plus en plus fondée sur l’efficacité, la performance et la crédibilité. La crédibilité veut que les richesses de notre continent bénéficient, en premier lieu, aux peuples africains. Cela suppose que la coopération Sud-Sud soit au cœur de leurs partenariats économiques »[11]. Plus que la coopération Sud-Sud, c’est la coopération intra-africaine que le Roi met au cœur de sa stratégie : « L’Afrique s’affranchit définitivement de son passé et se tourne résolument vers son avenir en faisant davantage confiance à elle-même. (…) L’Afrique doit d’abord compter sur ses multiples atouts, son riche potentiel et ses propres ressources. C’est le sens que j’ai voulu donner, depuis mon accession au Trône, à la stratégie africaine du Royaume »[12]. La rhétorique des « pays africains frères » et de la « solidarité des pays du Sud » dans le développement est abondamment exploitée. Il serait cependant naïf de ne pas prendre en compte les bénéfices propres que le Maroc retire de cette coopération : désengorger son économie interne, redynamiser sa diplomatie en préférant la voie royale à la voie gouvernementale, s’assurer des soutiens à la légitimité de son intégrité territoriale… Mais l’objectif est d’inscrire la stratégie africaine dans le concept de co-développement, qui s’oppose à une « logique de prédateur »[13] et se différencie de la vision attribuée aux politiques des pays du Nord.

Pourtant, malgré le développement croissant des « partenariats Sud-Sud » et des flux qui en résultent, l’économie du continent africain dépend encore largement de l’Europe et des Etats-Unis. Bien que la situation évolue vers une plus grande autonomie, les investissements et les mouvements de capitaux venant des pays du Nord restent essentiels. La position de carrefour du Maroc lui permet également d’avoir conscience de cette réalité et de l’importance de ne pas couper le Sud du Nord. L’économie marocaine repose d’ailleurs en grande partie sur les IDE qu’elle reçoit des pays européens. Ceci explique que le Souverain souligne encore régulièrement dans ses discours l’importance de multiplier les partenariats bénéfiques avec les pays développés : « La promotion volontariste de la coopération intra-africaine et de l’intégration sous régionale de notre Continent n’exclut en aucun cas l’approfondissement, en parallèle, des rapports mutuellement bénéfiques de l’Afrique avec ses multiples partenaires et en particulier avec l’Union européenne et ses Etats membres »[14]. Le souverain montre par là deux aspects particuliers de la relation Nord-Sud : la nécessité des aides financières accordées par les pays du Nord au pays du Sud pour leur développement, et l’importance de la transmission de savoir-faire pour une convergence vers les best practices internationales.

Enfin, nul ne peut ignorer que les pays occidentaux, essoufflés par la crise, sont à la recherche de nouveaux marchés afin de relancer leur économie. Ils ont donc tout intérêt à ce que le continent africain développe son économie et devienne un terrain d’investissement florissant. Dans un tel contexte, le Maroc apparaît comme la porte d’entrée rêvée sur l’économie africaine : zone charnière entre l’Europe et l’Afrique, l’Atlantique et la Méditerranée, le Maroc possède à la fois une fine connaissance des marchés et codes culturels africains et une habitude de coopération et de partenariat avec les pays européens. Les Etats européens ne sont pas les seuls à avoir cerné cette opportunité. Le 1er juillet 2014, le magazine marocain Challenge titrait « Le Maroc, un hub pour les investissements chinois en Afrique », à l’occasion du forum China Africa Investments Meetings organisé par la BMCE Bank à Rabat les 24 et 25 juin dernier[15]. L’effet recherché par le Maroc n’est donc pas seulement de développer la coopération Sud-Sud au sein du continent africain, mais aussi d’attirer de plus gros investisseurs, qu’ils soient européens, américains ou chinois.

Conclusion

En 1986, feu Hassan II décrivait le Maroc comme « un arbre dont les racines sont ancrées en Afrique, mais qui respire par ses feuilles en Europe ». Deux décennies plus tard, l’oxygène européen se fait rare, et de nouvelles branches semblent pousser en direction du Sud.Le Royaume fait preuve, plus que d’un optimisme passif, d’une volonté de développement à travers une stratégie proactive, pour faire du Maroc un initiateur, un catalyseur et un centre incontournable de l’économie africaine.

Ainsi, la diplomatie économique du Maroc en Afrique subsaharienne a pour objectif de placer le Royaume en chef de file d’une intégration économique et financière africaine. Bien sûr, certains écueils persistent et méritent toute l’attention des décideurs : des règlementations douanières encore trop contraignantes et coûteuses, un cadre institutionnel incomplet, un manque de diversification de la production et de l’offre[16], etc. Mais le processus est lancé.

Cependant, au vu des développements récents du scénario de l’Union Européenne, il apparaît aujourd’hui fondamental de repenser la nature et les modalités de cette intégration. L’horizon est-il celui d’une monnaie unique, d’un marché unique, d’une convergence règlementaire ou d’une simple harmonisation des pratiques ?

Lélia ROUSSELET

Lélia Rousselet est étudiante au sein du master « science politique mention Relations Internationales » à l’École doctorale de Sciences Po, qu’elle intègre après un premier cycle au Collège Universitaire de Sciences Po Paris. Elle est actuellement consultante stagiaire au sein du cabinet de conseil “International Business Consulting”, à Casablanca. Son mémoire de master, sous la direction de Karoline Postel-Vinay, portera sur le positionnement du Maroc sur la scène internationale.

 

Bibliographie

Rapports :

-        «  Performance commerciale du Maroc sur le marché de l’Afrique subsaharienne », Rapport de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières du Ministère de l’Economie et des Finances du Royaume du Maroc, Avril 2012

Articles :

  • Recherche

-        ANTIL A., “ Le Royaume du Maroc et sa politique envers l’Afrique subsaharienne”, Institut Français des Relations Internationales (IFRI), Novembre 2003

-        DAFIR A., “ La diplomatie économique marocaine en Afrique subsaharienne : réalités et enjeux”, Géoéconomie, 2012/4 n°63, p.73-83

-        GOLDSCHMIDT P., «  Le Maroc : Hub de l’intégration financière africaine ? », Tribune n°40, mars 2014, Institut Thomas More

  • Presse

-        «  La tournée royale confirme la place stratégique du Maroc en Afrique », entretien avec Yahia Abou El Farah, directeur de l’Institut des Etudes Africaines réalisée par Jihane Gattloul, Le Matin, 20 février 2014

-        « Les opportunités du Maroc en Afrique », ZOOM, dossier coordonné par Franck Mathiau, Conjoncture n°960 (juin-juillet 2014)

-        « La diplomatie africaine du Maroc : un exemple de coopération Sud-Sud », Charles Saint-Prot, Tribune n°504, 03 avril 2014, www.defnat.fr

Discours et conférences :

-        Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Abidjan le 24 février 2014

-        Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au 4ème Sommet Afrique-Union Européenne à Bruxelles, le 03/04/2014 (lecture donnée par le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M. Salaheddine Mezouar)

-        «  Le Maroc, tremplin vers l’Afrique de demain ? », Colloque COFACE, Risque Pays 2014, Juin 2014

Entretiens :

-        Secrétariat Général, Casablanca Finance City, le 08/07/2014

[1] Etude d’impact de la crise mondiale sur l’économie marocaine, réalisée par le Haut Commissariat au Plan

[2] Titre en couverture du Times Magazine (décembre 2011) et de The Economist (mars 2012)

[3] « La diplomatie africaine du Maroc : un exemple de coopération Sud-Sud », Charles Saint-Prot, Tribune n°504, 03 avril 2014, p.2

[4] Chiffres tirés de l’article « Maroc-Afrique, la diplomatie royale comme locomotive du business », Rachid Alaoui, Conjoncture n°960, juin-juillet 2014

[5] « Présence marocaine en Afrique : le Maroc consolide son positionnement », Safall Fall et Aboubacar Yacouba Barma, le 25/03/2014, Les Ecos.

[6] « Performance commerciale du Maroc sur le marché de l’Afrique subsaharienne », Rapport de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières du Ministère de l’Economie et des Finances du Royaume du Maroc, Avril 2012

[7] DAFIR A., « Le Maroc à l’assaut de l’Afrique : rôle de la diplomatie économique », Le Cercle Les Echos, 29 juin 2012

[8] Mesure annoncée par le Roi Mohammed VI lors du premier sommet Europe-Afrique, les 3 et 4 avril, au Caire.

[9] Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au 4ème Sommet Afrique-Union Européenne à Bruxelles, le 03/04/2014

[10] Entretien réalisé à Casablanca Finance City, le 08/07/2014

[11] Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Abidjan, le 24/02/2014

[12] Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au 4ème Sommet Afrique-Union Européenne à Bruxelles, le 03/04/2014

[13] Entretien réalisé à Casablanca Finance City, le 08/07/2014

[14] Ibid.

[15] « Le Maroc, un hub pour les investissements chinois en Afrique », in Challenges.ma, Somani Roland Amoussou, 01/07/2014

[16] « Performance commerciale du Maroc sur le marché de l’Afrique subsaharienne », Rapport de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières du Ministère de l’Economie et des Finances du Royaume du Maroc, Avril 2012

One Comment »

  1. lansari 28/07/2014 at 02:33 - Reply

    Les membres marocains fondateurs de l’OUA étaient en Egypte en 1962 dont une femme. Les photos de l’époque sont superbes.

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