Repenser la notion d’« espaces publics » à l’aune du contexte urbain vietnamien

Perspectives Internationales 09/07/2014 0

M.Gibert-photo (Source : M. Gibert, 2013. Le parc du 30 avril (Hồ Chí Minh Ville, district 1), espace public central d’une métropole en construction).

Le parc du 30 avril a une localisation hypercentrale à H Chí Minh Ville : il fait face au palais de la Réunification et jouxte la cathédrale Notre-Dame, au cœur du district 1. Il se présente sous la forme de petits parterres de pelouses interdites à l’accès, séparées par des allées bétonnées. Ces allées connaissent actuellement un grand succès auprès des jeunes citadins qui en investissent quotidiennement les bordures – voire le centre de l’allée lui-même – et s’y adonnent à des pratiques de loisirs diverses, comme la lecture, la musique, les pique-niques et les simples retrouvailles entre amis. Ce succès attire de nombreux petits commerçants ambulants aux abords du parc, en dépit de l’interdiction – régulièrement réaffirmée par le Comité populaire de la ville-province – d’y pratiquer le commerce. Ce parc de taille modeste, qui accueille également de nombreux touristes étrangers visitant le centre-ville, constitue l’un des espaces publics centraux les plus animés du centre-ville.

Traduction du panneau: Zone interdite au commerce ambulant et aux dépôts de déchets sur les trottoirs et la chaussée

  1. Amendes de 100 000 à 200 000 dongs pour l’utilisation de chariots de vente mobiles dans la rue, entravant la circulation
  2. L’occupation de la rue par des stands de restauration, de boisson ou de vente de marchandises diverses est passible d’amendes allant de 20 millions à 30 millions de dongs.
  3. Des amendes de 5 à 10 millions de dongs seront appliquées pour la pratique du petit commerce, l’érection de stands de vente et toutes autres pratiques de vente temporaire et non autorisée dans cette zone urbaine.
  4. Le dépôt d’ordures et le déversement d’eaux usées dans la rue ou sur les trottoirs sont passibles d’amendes de 500 000 à 1 million de dongs.

Selon le décret 34/2010 du Comité populaire.

Les récentes émeutes et manifestations antichinoises qui ont agité les principales villes du pays entre le 10 et le 18 mai 2014, tout autant que l’important déploiement de forces de l’ordre dans les rues qui s’en est suivi, invitent à questionner les usages paradoxaux de la notion d’espace public au Vietnam. Les réformes du Renouveau (Đi Mi) à la fin des années 1980 ont initié l’insertion progressive du régime autoritaire vietnamien dans les circuits de la mondialisation. L’ouverture aux investissements, comme aux circulations de modèles urbains étrangers, contribuent depuis à la recomposition accélérée des mécanismes de production urbaine et des pratiques citadines, dans un contexte où les villes sont aujourd’hui considérées comme les leviers du développement national.

À l’interface entre dispositif spatial, espace intangible du lien social et de mise en scène de la société, les espaces publics constituent une entrée éclairante pour faire état des recompositions sociales d’un pays en transition accélérée. Aujourd’hui internationalement banalisée dans son emploi, notamment sous l’impulsion des institutions internationales, la notion d’espace public n’est pourtant en rien universelle dans son acception. Michel Lussault rappelle l’a priori qui identifie l’espace public comme « espace vertueux de la citoyenneté, porteur intrinsèquement des vertus de l’échange interpersonnel » (Lussault, 2001 : 37). Cette conception, ajoute-t-il, « dérive d’un idéal-type mythologique : celui de l’agora grecque », qui tend à assimiler l’espace public à « l’espace métaphorique du débat public ». Cette conception historiquement située et européano-centrée de l’espace public s’accommode cependant mal de la diversité des pratiques des espaces du collectif dans les métropoles des pays émergents. Pour être opérante en dehors de son contexte historique de référence, la notion d’espace public mérite une relecture critique, afin d’en revaloriser la portée analytique dans une perspective postcoloniale (Robinson, 2006 ; Harris, 2012 ; Goh et Bunnel, 2013).

Alors qu’ont eu lieu des agitations sans précédent dans les villes vietnamiennes[1], l’objectif de ce papier est double : proposer un éclairage sur les récentes évolutions sociales au Vietnam par le biais des études urbaines, tout en proposant une lecture décentrée de la notion d’espace public. L’étude des espaces publics dans le contexte politique et social vietnamien exige en premier lieu de s’affranchir d’une définition normative et juridique, au profit de la prise en compte d’autres critères, d’autres « régimes de publicité », selon l’expression proposée par Lynn Staeheli et Don Mitchell (2008). Ces derniers invitent à penser le degré de publicité d’un lieu comme le résultat de la tension entre trois composantes dissociables: le régime de propriété juridique (property regime), le régime des normes sociales et communautaires (social norms and community memberships) – qui se traduit par l’ensemble des pratiques potentielles et socialement acceptables en un lieu, quel que soit par ailleurs son statut juridique –, et enfin le régime de légitimation politique (forms of legitimations), qui fait référence à la capacité d’un lieu à porter et accueillir les revendications des citoyens dans leur diversité. Dans cette approche ; les pratiques, bien plus que les réglementations, permettent de qualifier le caractère public d’un lieu.

 Des « espaces étatiques » aux « espaces civiques » : quel régime de « légitimation politique » pour les espaces publics vietnamien ?

Les espaces publics historiques les plus emblématiques des villes vietnamiennes sont immanquablement des espaces sous contrôle étatique, voire des lieux strictement dédiés à la mise en scène du pouvoir. C’est notamment le cas des quelques rares places publiques de ces villes, mais également des parcs et des rues, où sont abondamment relayés les messages de propagande d’État, par l’organisation de défilés militaires, par voie d’affichage ou encore par la diffusion de messages officiels via des haut-parleurs. L’appropriation de ces espaces publics à des fins de revendications politiques et de manifestations par les citadins y est donc bannie.

La terminologie elle-même s’en fait le miroir : en vietnamien, le terme « public » se dit công cộng. Ce terme d’origine sino-vietnamienne renvoie à gōnggòng dans la prononciation en mandarin de la langue chinoise, qui fait référence à l’administration publique, faisant apparaître en filigrane la figure de l’État. Les quelques rares places publiques constituent à ce titre des espaces publics ambigus. Mandy Thomas s’est par exemple intéressée aux évolutions, à la fois architecturales et en termes d’usage, de la célèbre place Ba Đình à Hà Nội, haut lieu de la capitale – où Hồ Chí Minh prononça l’indépendance du pays en 1945, puis en 1954 –  qui fut réaménagée selon les normes de l’architecture socialiste afin de symboliser les liens entre Hà Nội et le bloc soviétique (Thomas, 2002). La place, massive et entièrement minéralisée, accueille à présent le mausolée Hồ Chí Minh, dans un parallélisme évident avec la place Rouge à Moscou et la place Tiananmen à Pékin. La foule qui s’y rassemble ponctuellement, lors de la date anniversaire de l’offensive du Tết par exemple, ou pour les funérailles d’État et les célébrations liées à la mémoire de Hồ Chí Minh et ses compagnons d’armes, est ainsi directement mise en scène par le régime et n’incarne en rien une quelconque « société civile »[2]. La place, pour être immense et centrale dans la ville, demeure peu investie par les badauds, qui y subissent de nombreux contrôles de sécurité, ce qui vient renforcer la mainmise du pouvoir sur le citoyen de façon générale. En dépit de sa monumentalité, la place Ba Đình n’est alors en rien le symbole de l’urbanité hanoienne, cette dernière étant associée au lac Hoàn Kiếm et au quartier historique des 36 rues qui le jouxte, ses promenades et ses cafés. La place Ba Đình est ainsi une coquille socialement vide, que les autorités peinent de plus en plus à remplir lors des fêtes officielles à la gloire du régime.

Les espaces publics les plus monumentaux des villes d’Asie-Pacifique sont donc autant de vitrines étatiques, mais ne constituent en aucun cas des espaces d’expression publique : leur régime de « légitimation politique » est donc nul. En revanche, ce régime de publicité est en voie d’émergence dans d’autres types d’espaces (Hou, 2010). Ce fut par exemple le cas en 2007, autour du devenir des 50 hectares de l’emblématique parc Lénine à Hà Nội (également connu sous le nom de parc Thống Nhất), construit par des travailleurs volontaires entre 1958 et 1960. Au printemps 2007, deux compagnies à capitaux privés – dont l’une financée par les Vietnamiens de l’étranger (Việt kiều) vivant en ex-URSS – ont été autorisées par le Comité populaire de Hà Nội à développer un projet visant à transformer le plus grand parc urbain de Hà Nội en un parc à thème privé, avec un centre commercial intégré.   Cette information a été rapidement relayée dans la presse locale et sur Internet, suscitant immédiatement de vives critiques de l’opinion publique. De nombreux éditorialistes ont ainsi ouvertement pris position contre le projet, et des citadins ont outrepassé l’interdiction de rassemblement pour organiser des manifestations dans la ville, même si elles n’ont pas pu se dérouler sur le site même du parc. Cette contestation populaire a rapidement été soutenue par des personnalités ayant de bons rapports avec la classe politique  (architectes, écrivains, journalistes…), contribuant à donner une caisse de résonnance au mouvement. Le gouvernement a finalement renoncé au projet de privatisation du parc au mois d’août 2007. Andrew Wells-Dang analyse cet évènement – exceptionnel dans le contexte politique vietnamien – en termes d’émergence d’une « rice-roots democracy », prenant l’accessibilité partagée des espaces publics comme enjeu fédérateur (2010). Au-delà de cette mobilisation sans précédent à Hà Nội, les investissements quotidiens des rues des villes vietnamiennes par des fonctions officiellement interdites (en premier lieu le commerce ou la restauration de rue)  peuvent également prendre un sens politique, en lien avec des revendications urbaines en gestation (Koh, 2008 ; Hou, 2010).

C’est de l’expérience quotidienne de la rue qu’émergerait alors peu à peu une société civile vietnamienne. Cette analyse renvoie à la conception de Hannah Arendt sur la pratique de l’espace public, permettant le développement et la structuration d’une sphère publique (Arendt, 1961 ; Howell, 1993).

Un « régime de publicité » fondé sur les pratiques sociales : des espaces publics multifonctionnels à vocation commerçante

La conception de l’espace au Vietnam est traditionnellement marquée par la fluidité dans la réversibilité des usages qu’il accueille. À la grande échelle de l’unité d’habitation par exemple, les maisons-compartiments sont historiquement multifonctionnelles, avec un espace commerçant à l’avant du rez-de-chaussée, et des espaces domestiques à l’arrière et dans les étages. Généralement peu meublées, les différentes pièces  sont par ailleurs très polyvalentes et accueillent des fonctions à même d’évoluer au fil de la journée : elles permettent ainsi l’articulation d’activités domestiques et commerciales, mais également politiques, ces dernières prenant la forme de réunions d’associations de quartier, parfois organisées directement chez des particuliers. Lisa Drummond analyse cette transgression continue des limites entre sphère publique et privée en termes de processus de « inside-out » et « outside-in ». La première expression est utilisée pour caractériser les activités domestiques et privées qui prennent place sur l’espace de chaussée par exemple, alors que le processus d’« outside-in » s’applique pour désigner la capacité des représentants de l’État, et des messages de propagande qu’ils véhiculent, à pénétrer l’espace privé du logement familial (Drummond, 2000). À l’antagonisme public / privé de la conception occidentale répond alors la « richesse des espaces emboîtés de l’univers chinois, espaces partagés et sous contrôle social » (Clément, 1995) : « In regards to the public/private cross-over, Asia is […] a site of emergent urbanisms, involving novel combinations of public and private, which have progressive potential » (Hogan, et. al., 2011). Les espaces du privé et du public sont ainsi séparés par de nombreux seuils, constituant autant d’espaces intermédiaires.

Ces espaces semi-publics intermédiaires, à l’interface de l’espace privé du compartiment et de la chaussée, sont liés à la genèse commerciale des villes vietnamiennes. Les pratiques commerçantes sont encore présentes aujourd’hui dans les villes vietnamiennes sous des formes de plus en plus diverses, du marché de rue temporaire aux grands malls contemporains. En dépit de leur statut juridique et de leur fonction première, les marchés figurent ainsi en bonne place parmi les espaces publics que l’on peut identifier dans ces villes, comme les artères commerçantes, qui font aujourd’hui l’objet de revitalisations volontaristes. Marchés et rues commerçantes constituent en effet d’indéniables lieux de rencontres ; de rassemblements ; de brassage et d’interaction des populations, et forment à ce titre autant de centralités urbaines. Annette Kim, qui dirige actuellement l’équipe de recherche du MIT Slab (sidewalk laboratory) à l’institut de Technologie du Massachusetts, envisage Hồ Chí Minh Ville comme « la ville des trottoirs » (sidewalk city), considérant que ces derniers y sont « les plus importants, bien que les plus négligés des espaces publics de la ville ». Dans cette réhabilitation de la valeur sociale du trottoir, elle accorde une place centrale à la figure du vendeur de rue, qu’elle considère comme l’un des garants de l’identité urbaine de Hồ Chí Minh Ville (Kim, 2013) :

« Society and physical space come together in intriguing ways on the sidewalk, an open-access public space that is so narrow that it requires intimate, local negotiations and yet is so vast and networked that they have great potential as a democratic space[3] » (MIT Slab, 2012).

Au-delà des marchés et lieux de commerces traditionnels, on assiste aujourd’hui à une réactualisation du lien entre commerce et espaces publics, à travers la figure émergente du centre commercial et du mall. Ces derniers constituent en effet des marqueurs urbains importants des années 2000 dans le centre de Hồ Chí Minh Ville. La fréquentation de ces malls est souvent vécue par les citadins comme une expérience de la modernité urbaine , le centre commercial étant par ailleurs systématiquement assimilé à un lieu récréatif, ne donnant pas forcément lieu à la pratique du shopping (Peyvel et Gibert, 2012).

Malgré le statut juridique privé de ces espaces, la diversité des appropriations et des pratiques citadines dont ils font l’objet invite à leur reconnaître un régime de publicité, exclusivement fondé sur « les normes sociales » (Staeheli et Mitchell, 2008 ; Teppo et Houssay-Holzschuch, 2013). Certains auteurs préfèrent parfois recourir à l’expression de « free spaces » ou « espaces libres » pour évoquer ces espaces privés à usage public, qui s’inscrivent au cœur de la sociabilité urbaine asiatique contemporaine, et y sont considérés comme autant d’espaces d’autonomie vis-à-vis de l’État (Miao, 2001 : 6). Les salles privées de karaokés peuvent ainsi devenir des lieux de réunions politiques et les cafés des lieux de rencontres incontournables pour les intellectuels et journalistes. La fréquentation des malls comme des cafés permet en effet de sortir d’une sphère d’interconnaissance locale et de bénéficier d’un anonymat apprécié. Ces pratiques conduisent à repenser le statut du mall au Vietnam qui s’accommode mal d’une vision antagoniste entre le public et le privé : le mall se construit comme un espace d’entre-deux, dont le statut juridique privé permet précisément une forme de liberté d’expression, souvent impossible dans les rues de la ville[4]. Ce processus rappelle les analyses de Jürgen Habermas sur la formation d’une « sphère de publicité », qui s’autonomise par rapport à la sphère du pouvoir établi et permet la circulation publique des opinions privées (Habermas, 1978). Ce décentrement dans la compréhension de l’objet « espace public » permet de reconsidérer la place des citadins dans la production urbaine et des pratiques habitantes dans la construction métropolitaine contemporaine. Bien que prenant place dans un cadre de plus en plus mondialisé, les recompositions urbaines restent en effet profondément ancrées dans leurs contextes locaux  (Roy et Ong, 2011). Les villes d’Asie-Pacifique constituent de manière générale un terrain de recherche prometteur pour conduire ce type d’analyse : la présence de régimes autoritaires a en effet pour corolaire la richesse de l’inventivité citadine, qui se joue des limites entre le public et le privé. L’émergence de l’espace virtuel  (via les blogs et les réseaux sociaux)  comme nouveau lieu d’expression des contestations citadines achèvent d’illustrer l’importance d’une conception large des espaces publics au service de la compréhension des mutations sociales des villes d’Asie.

Marie Gibert

 Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, Marie Gibert est docteur en géographie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre associé du laboratoire Prodig (UMR 8586). Ses recherches portent sur les espaces publics des villes d’Asie-Pacifique et les recompositions de la figure de la rue dans un contexte de métropolisation. Sa thèse est dédiée aux mutations contemporaines du réseau de ruelles de Ho Chi Minh Ville (Vietnam). Elle poursuit actuellement des recherches post-doctorales à l’Université de Hong Kong, dans le cadre du programme UKNA (Urban Knowledge Network Asia).

Bibliographie

Arendt, Hannah. 1961. Condition de l’homme moderne. Traduit par Georges Fradier. 1983e éd. Liberté de l’esprit. Paris: Calmann-Lévy.

Clément, Pierre. 1995. « Chine : Formes de villes et formation des quartiers ». Les cahiers de la recherche architecturale, no 35-36: 173‑190.

Drummond, Lisa Barbara Welch. 2000. « Street Scenes: Practices of Public and Private Space in Urban Vietnam ». Urban Studies 37 (12): 2377‑2391.

Goh, Daniel P.S., et Tim Bunnell. 2013. « Recentering Southeast Asian Cities ». International Journal of Urban and Regional Research 37 (3): 825‑33.

Habermas, Jürgen. 1978. The Structural Transformation of the Public Sphere: An Inquiry into a Category of Bourgeois Society. 1989e éd. Cambridge: MIT Press.

Harris, Andrew. 2012. « The Metonymic Urbanism of Twenty-First-Century Mumbai ». Urban Studies 49 (13).

Hogan, Trevor, Tim Bunnell, Choon-Piew Pow, Eka Permanasari, et Sirat Morshidi. 2012. « Asian Urbanisms and the Privatization of Cities ». Cities 29 (1): 59‑63.

Hou, Jeffrey, éd. 2010. Insurgent Public Space: Guerrilla Urbanism and the Remaking of Contemporary Cities. Londres, New York: Routledge.

Howell, Philip. 1993. « Public Space and Public Sphere: Political Theory and the Historical Geography of Modernity ». Environment and Planning 11 (3): 303‑322.

Kim, Annette M. 2013. « Re-Mapping the Poor and Public Space: Street vendors on the sidewalks of Ho Chi Minh City ». In Annual World Bank Conference on Land and Poverty. Washington DC: World Bank.

Koh, David W.H. 2008. « The Pavement as Civic Space: History and Dynamics in the City of Hanoi. » In Globalization, the City and Civil Society in Pacific Asia, édité par Michael Douglass, K.C. Ho, et Giok Ling Ooi, 145‑174. Londres, New York: Routledge.

Lussault, Michel. 2001. « Propositions pour l’analyse générale des espaces d’actes ». In Réinventer le sens de la ville, les espaces publics à l’heure globale, édité par Cynthia Ghorra-Gobin, 33‑46. Paris: L’Harmattan.

Miao, Pu, éd. 2001. Public Places in Asia Pacific Cities: Current Issues and Strategies. Dordrecht: Kluwer Academic Publishers.

Mitchell, Don. 2003. The Right to the City: Social Justice and the Fight for Public Space. New York ; London: The Guilford Press.

Nguyen-Marshall, Van, Lisa B. Welch Drummond, et Danièle Bélanger, éd. 2012. The Reinvention of Distinction. Modernity and the Middle Class in Urban Vietnam. Dordrecht: Springer.

Peyvel, Emmanuelle, et Marie Gibert. 2012. « Đi chới đi ! Entre public et privé, une approche socio-spatiale des pratiques de loisirs à Hồ Chí Minh Ville ». EchoGéo, no 21.

Robinson, Jennifer. 2006. Ordinary Cities: Between Modernity and Development. Londres, New York: Routledge.

Roy, Ananya, et Aihwa Ong, éd. 2011. Worlding cities: Asian Experiments and the Art of Being Global. Studies in urban and social change. Malden, Oxford, Chichester: Wiley-Blackwell.

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Thomas, Mandy. 2002. « Out of Control: Emergent Cultural Landscapes and Political Change in Urban Vietnam ». Urban Studies 39 (9): 1611‑1624.

Wells-Dang, Andrew. 2010. « Political Space in Vietnam: a View from the “Rice-roots” ». The Pacific Review 23 (1): 93‑112.

[1] Si les manifestations du mois de mai 2014 ont surpris de nombreux analystes politiques par leur intensité et leur envergure (la presse vietnamienne a dénombré 22 provinces concernées), il faut néanmoins rappeler que les violences et les contestations furent assez récurrentes dans la vie sociale vietnamienne ces dernières années, notamment en milieu rural, notamment en lien avec les expropriations massives.

[2] L’emploi de ce terme mérite précaution, notamment dans le contexte asiatique – et vietnamien en particulier. D’après la définition de l’Unesco, cette expression est supposée désigner le corps social par opposition à la sphère gouvernementale et la sphère commerciale. Si l’on s’en tient à cette stricte définition, il n’y a pas de société civile dans le contexte vietnamien, l’État-parti contrôlant l’ensemble du secteur associatif, notamment via le Front de la Patrie (Mặt Trận Tổ Quốc Việt Nam).

[3] « Les espaces sociaux et physiques s’imbriquent de manière intéressante sur le trottoir, un espace public accessible à tous qui est si étroit qu’il requiert des négociations locales et fines, et en même temps au réseau si vaste qu’il possède une réel potentiel d’espace démocratique ».

[4] Cependant, ces malls, en apparence ouverts, restent discriminants socialement. En grande majorité situés dans le centre-ville ou dans les nouvelles zones urbanisées en périphérie, ils sont à la fois facteurs et marqueurs de centralité métropolitaine. En ce sens, ils sont vécus comme des espaces de distinction, à l’origine d’une segmentation sociale revendiquée (Nguyen-Marshall et. al., 2012).

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