Le Congo-Brazzaville entre crise politique et conflit ethnique : vers la séparation ?

Perspectives Internationales 03/07/2014 0

 Entre crise politique, liée à la faible légitimité de l’Etat, et clivage ethno-régional entre le Nord et le Sud du pays, la situation au Congo-Brazzaville semble plus que jamais instable. Une situation qui a poussé l’opposition de l’actuel président à proclamer la création d’un nouvel Etat, le Sud-Congo. Mais il est difficile de savoir, pour l’instant, si ce geste diplomatique sera suivi d’effets politiques.

En France, on ne parle pas du Congo-Brazzaville. Peu importe qu’il s’agisse d’une ancienne colonie française et que la France y ait des intérêts très importants (Total assure près de 60% de la production congolaise de pétrole[1]), le pays ne semble pas intéresser les médias hexagonaux. Le mois de juin a pourtant vu se dérouler, en plein cœur de Paris, un évènement qui aurait dû retenir l’attention de nos journalistes, ne serait-ce que parce qu’il est révélateur d’une situation politique de plus en plus instable.

Mardi 10 juin 2014, Modeste Boukadia, président du CDRC (Cercle des démocrates et républicains du Congo) et Robert Poaty Pongo, ancien député congolais, ont tenu une conférence de presse dans les salons Hoche à Paris. Dans la salle, quelques journalistes indépendants, des sympathisants et quelques curieux, mais aucun média français. L’objet de la conférence : rien de moins que la proclamation de la naissance d’un nouvel Etat, la République du Sud-Congo. L’initiative faisait suite à une requête envoyée au secrétariat général de l’ONU en avril dernier, requête signée par une dizaine d’hommes politiques congolais. Se réclamant du droit des peuples à l’autodétermination, ces opposants à Denis Sassou Nguesso, l’actuel dirigeant, veulent faire sécession du Nord du pays et constituer un nouvel Etat à partir des cinq régions du Sud (le Kouilou, la Bouenza, le Niari, la Lékoumou et le Pool). S’il est vrai que les conséquences réelles de cet évènement sont pour l’instant difficiles à déterminer, celui-ci est tout de même révélateur d’une situation de crise dont il convient d’interroger les causes.

Un régime dictatorial à bout de souffle 

Président de la République populaire du Congo entre 1979 et 1992 puis poussé à l’écart du pouvoir en 1992, Denis Sassou Nguesso revient à la tête du Congo-Brazzaville en 1997 à la suite d’un coup d’Etat qui renverse le président élu Pascal Lissouba et qui entérine l’échec d’une tentative de démocratisation du pays. La guerre civile qui accompagne ce retour fait plusieurs milliers de morts. Grâce à l’appui de l’armée Angolaise, Denis Sassou sort victorieux du conflit et est très vite reconnu par la communauté internationale. Il se proclame alors président et promet la mise en place d’un gouvernement d’ « union nationale » et l’organisation d’élections à l’issue d’une période de transition. Celles-ci ont lieu en 2002 : l’ancien président revenu au pouvoir fait adopter par référendum une nouvelle constitution et est confortablement élu président au terme d’une élection très contestée[2].

Depuis, le dictateur cherche par tous les moyens à consolider son autorité. Son parti, le Parti Congolais du Travail (PCT), qui dispose d’une majorité absolue à l’Assemblée Nationale depuis les élections législatives d’août 2012, a confisqué le pouvoir au détriment des autres forces politiques, ravivant les souvenirs de l’époque du parti unique, lorsque Sassou dirigeait la République populaire du Congo (1979-1992). Le président bâillonne tous ceux susceptibles de contester sa légitimité : la presse, les organisations syndicales indépendantes, l’opposition. Le 9 avril dernier, lors d’un procès aux allures très politiques, Modeste Boukadia a été condamné par contumace à trente ans de travaux forcés par la Cour criminelle de Pointe-Noire pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. » D’autres membres du CDRC ont également été condamnés à des peines de prison.

Malgré cela, la stabilisation du régime ne semble toujours pas acquise aujourd’hui. La répression employée par Denis Sassou Nguesso ne dissuade pas l’opposition de se faire de plus en plus virulente, en témoigne l’initiative de Modeste Boukadia et de ses alliés. Par ailleurs, le dictateur ne jouit pas d’une grande popularité auprès de la population. Le régime, rongé par une corruption endémique, n’a pas su faire profiter les congolais des nombreuses richesses du pays. Le Congo-Brazzaville est en effet bien doté en ressources naturelles, et dispose notamment d’une belle manne pétrolière (la production annuelle atteint environ 100 000 000 de barils[3]) surtout au regard de la faible population du pays (environ 3,5 millions d’habitants). Pourtant, aujourd’hui encore, près de la moitié de la population vit sous le seuil d’extrême pauvreté défini par la Banque Mondiale[4] (avec moins de 1,25$ PPA par jour) et le Congo-Brazzaville n’est que la 142ème nation au classement des pays suivant l’indice de développement humain (IDH) établi par le PNUD. La gestion catastrophique des ressources du pays depuis l’arrivée au pouvoir de Sassou en 1979 a considérablement creusé le véritable fossé qui existe entre, d’une part, une élite dirigeante entretenue par l’argent du pétrole et, d’autre part, les larges couches de la population qui n’ont guère profité des redistributions liées aux richesses du pays. Plus que jamais, l’Etat, autoritaire et corrompu, n’a qu’une faible légitimité aux yeux de la population congolaise.

L’intention affichée récemment par Denis Sassou Nguesso de modifier la Constitution qu’il a lui-même mise en place en 2002 afin de pouvoir se présenter aux élections présidentielles pour un troisième septennat en 2016 apparaît alors comme le pas de trop. Cette tentative de s’éterniser encore un peu plus à la tête d’un pays qu’il a gouverné presque sans discontinuer depuis 1979 ne passe pas pour l’opposition. C’est en tout cas ce que laisse penser la requête transmise à l’ONU en avril dernier, qui évoque très clairement cette volonté de l’actuel président de modifier sa propre constitution et en fait l’un des éléments déclencheurs de l’initiative.

 Le clivage Nord/Sud, « seule vérité » au Congo-Brazzaville ?

La revendication d’un Sud-Congo indépendant est-elle pour autant liée uniquement à l’exercice despotique du pouvoir par Denis Sassou Nguesso? A un membre de l’auditoire des salons Hoche qui lui pose la question, le 10 juin dernier, Robert Poaty Pangou, un des signataires de la requête à l’ONU, répond sans ambigüité : « ce problème ne se réduit pas à Sassou ; depuis 1960, aucun président issu du Sud du Congo n’a jamais pu terminer un mandat. » Cette revendication indépendantiste est bien l’expression d’un problème plus profond. Un problème qui prend la forme d’un clivage Nord/Sud et qui, comme souvent en Afrique, a des origines ethniques.

Pur produit de la colonisation, le territoire du Congo-Brazzaville voit coexister en son sein plus de soixante-dix ethnies. Les tensions et les rivalités entre certains de ces groupes, dont on peut situer l’origine à l’époque coloniale[5], rythment la vie politique congolaise depuis l’indépendance. Le peuple Kongo, au Sud, représente à lui seul à peu près la moitié de la population. Au centre, les Téké forment un ensemble comprenant de nombreux sous-groupes. Un peu plus au Nord, dans la région de la Cuvette, on trouve les Ngala, parmi lequel notamment l’ethnie M’bochi qui, grâce à sa prépondérance dans l’armée, s’est imposée dans une position dominante sur la scène politique. L’actuel président est un M’bochi, et il a placé les membres de son clan à la tête de tous les postes-clés au sein du gouvernement, de l’administration, de l’armée et de la police. Héritière du riche et puissant Royaume du Kongo, qui existait bien avant l’arrivée des européens, l’ethnie Kongo, au sud, accepte mal la domination des M’bochi, très minoritaires, et se sent depuis longtemps spoliée dans un pays qui, depuis l’indépendance, ne leur a laissé que peu de place. Le fait que seulement 18 députés sur 136 sont issus du peuple Sud-Congo dans l’actuel parlement congolais, alors même que l’essentiel de la population se concentre dans cette partie du pays (et notamment dans les deux villes principales, Brazzaville et Pointe Noire), est particulièrement révélateur de la situation vécue par le peuple Kongo. Le clivage géographique qui double le clivage ethnique – le Sud très peuplé et riche en ressources s’opposant aux vastes étendues inhabitées du Nord – rend d’autant plus inacceptable pour la population du Sud le joug d’une ethnie du Nord qui la prive de ses richesses. Une situation qui a fait dire à Denis Sassou lui-même qu’au Congo-Brazzaville, il n’y a « qu’une seule vérité, celle qui oppose le Nord et le Sud »[6].

L’idée selon laquelle le « tribalisme » est la principale cause de conflit en Afrique a la vie dure. Pourtant, Jean-Serge Massamba-Makoumbou montre, dans un ouvrage récent[7], que les conflits ethniques au Congo n’existent pas par essence mais bien par « provocation » et « instrumentalisation ». Liés à la colonisation, qui a contribué à cristalliser les sentiments d’appartenance ethnique des Congolais, les clivages ethniques ont été renforcés depuis l’indépendance par l’action des dirigeants politiques qui ont exacerbé et manipulé les haines à des fins d’accaparement du pouvoir et des richesses. A cet égard, les années 1990 constituent un tournant important dans l’histoire récente du Congo. En effet, lorsque, entre 1979 et 1992, le pays était sous le joug d’un parti unique d’obédience marxiste-léniniste, le régime cherchait officiellement à gommer les particularismes locaux[8]. Mais la tentative de démocratisation du pays et le retour au pluralisme qui font suite à la Conférence Nationale Souveraine de 1991 précipitent le Congo dans une lutte entre dirigeants politiques avides de pouvoir qui n’hésitent pas à instrumentaliser les haines ethniques dans une perspective électoraliste. Aux élections présidentielles de 1992, l’argumentation communautaire, sur une base ethnique puis régionale (afin d’élargir l’électorat) constitue l’arme de toutes les formations politiques en présence.

Cette instrumentalisation du « tribalisme » a eu des répercussions catastrophiques ces deux dernières décennies. Les guerres civiles des années 1990, dont Brazzaville a été le théâtre principal, se sont accompagnées de violences terribles. En 1999 notamment, les tueries perpétrées à l’encontre des populations du Sud par les milices Cobras[9] et les agents du régime présentaient, selon certaines organisations de défense des droits de l’homme, des similarités avec le précédent rwandais. La tristement célèbre affaire des disparus du Beach de Brazzaville, dans laquelle 353 réfugiés Sud-Congolais revenant d’exil ont été victimes d’une tuerie collective organisée par le régime (ils auraient été enfermés dans des containers puis jetés dans le fleuve) est restée gravée dans les esprits. Le sentiment de spoliation et de persécution du peuple Kongo n’a ainsi été que renforcé par les exactions qui ont accompagnées les guerres civiles récentes. Dans les rangs des indépendantistes, on rappelle que « 750 000 personnes du Sud-Congo manquent à l’appel » selon le rapport du projet de programme post-conflit de développement économique et social pour le Congo publié en 1999: ces 750 000 Kongos dont on n’a pas retrouvé de traces auraient été les victimes des violences ethniques des années 1990, violences qui ont continué au début des années 2000. Si le régime de Sassou s’avérait être effectivement responsable de la disparition de trois quarts de millions de Sud-congolais, il se serait alors rendu coupable, dans l’indifférence générale de la communauté internationale, d’un génocide comparable à ce qu’il s’est passé au Rwanda. Cela ne fait pas de doute pour Robert Poaty Pangou qui, faisant référence au résultat du dernier recensement national publié par le régime[10], n’hésite pas à parler de « destruction programmée de la population du Sud »[11].

Vers un Sud-Congo indépendant ?

En créant deux entités distinctes, Modeste Boukadia et ses alliés affirment vouloir en finir avec l’oppression des Kongos par le régime M’bochi et avec le clivage ethno-régional Nord/Sud qui scande l’histoire du pays depuis l’indépendance. C’est l’objet de la requête transmise au Secrétariat Général de l’ONU le 30 avril dernier. S’appuyant sur un principe fondamental du droit international, le droit des peuples à l’autodétermination, et sur des cas de jurisprudence tels que la création d’Israël ou encore celle du Sud-Soudan, ils proclament la création du nouvel Etat afin de mettre fin à «l’épuration ethnique dont ont été et sont victimes les populations du Sud-Congo ». Pour apporter une légitimation populaire à leur démarche, les indépendantistes veulent organiser un référendum d’autodétermination et demandent à l’ONU de nommer un Administrateur judiciaire du Congo ayant pour mission de gérer les affaires courantes du pays à titre transitoire.

Un nouvel Etat va-t-il pour autant voir le jour ? Parmi les nombreux précédents invoqués en justification dans la requête transmise à l’ONU, le cas de la création du Sud-Soudan est sans doute celui qui présente le plus de similarités avec la situation au Congo-Brazzaville. Depuis l’indépendance du Soudan en 1956, le pays a toujours connu des tensions entre le Sud, à majorité chrétienne, et le Nord, à majorité musulmane. Ces tensions ont conduit à l’organisation d’un référendum en 2011 lors duquel la population du Sud s’est déclarée favorable à l’indépendance. Au regard du droit international, c’est un cas de création d’Etat par sécession négociée qui pourrait servir de modèle aux partisans de la formation d’un Sud-Congo indépendant. Mais l’indépendance du Sud-Soudan avait fait l’objet de négociations à l’ONU et avait reçu le soutien des Etats-Unis. Par ailleurs, le président Soudanais Omar El Béchir, qui avait déclaré en janvier 2011 qu’il respecterait le résultat du référendum, ne s’était que très faiblement opposé à cette indépendance. Dans le cas du Sud-Congo, non seulement la démarche des indépendantistes, très peu médiatisée, n’a reçu pour l’instant aucun soutien officiel de la part d’un chef d’Etat ou de l’ONU, mais il parait en outre difficile d’imaginer Denis Sassou Nguesso consentir tranquillement à la perte des cinq régions les plus riches et peuplées de son territoire. Si on peut imaginer qu’en cas de référendum d’indépendance la population du Sud-Congo votera en faveur de ce nouvel Etat, on peut aussi imaginer que le dictateur, qui contrôle totalement l’armée et l’administration, mettra tout en œuvre pour empêcher un tel référendum. Par ailleurs, même au sein de l’opposition, la démarche de Boukadia et de ses alliés ne fait pas l’unanimité, certains considérant que la création d’un nouvel Etat n’apportera que plus de divisions dans la région. S’il reconnait que l’initiative est la conséquence du « tribalisme mortifère de Denis Sassou », Mouvimat Ibouanga Loundou, Secrétaire Général du Collectif Congolais pour la Démocratie et la Solidarité (CCDS) et fervent opposant au régime, craint la création de deux républiques « avec la haine pour frontière » et appelle à un apaisement des haines ethniques plutôt qu’à une scission du Congo-Brazzaville[12].

Le secrétariat de l’ONU n’a, pour sa part, toujours pas donné de suites à la requête. Modeste Boukadia ne s’en inquiète pas. « Qui ne dit mot consent » affirmait-il, le 10 juin dernier, dans la salle de conférence des salons Hoche. Pour se justifier, il compare son geste à celui de de Gaulle qui, par l’Appel du 18 juin 1940, donnait naissance à la France Libre, dont Brazzaville deviendra la capitale. Dans l’esprit du général, la France libre n’avait besoin de l’approbation de personne pour exister. Pourtant, sans le soutien et la reconnaissance des alliés, le geste de de Gaulle aurait eu bien moins de postérité. Dans le cas du Sud-Congo, ce coup d’Etat diplomatique, s’il ne reçoit aucun soutien international, pourrait bien n’être finalement qu’un coup d’épée dans l’eau.

Benjamin PUYBAREAU

Benjamin Puybareau est étudiant en master de « science politique mention Relations Internationales » à l’École doctorale de Sciences Po, qu’il intègre après un premier cycle au Collège Universitaire de Sciences Po et une licence d’Histoire à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV). Son mémoire de Master, sous la direction d’Ariel Colonomos, portera sur la norme du secret et le rôle des agences de renseignement dans les relations interétatiques.

 

[1] Jean Serjanian, « Le Congo-Brazzaville, son pétrole et sa pauvreté », publié le 24/09/2012 sur Géopolis. Disponible sur : < http://geopolis.francetvinfo.fr/le-congo-brazzaville-son-petrole-et-sa-pauvrete-8482 >

[2] Le seul candidat jouissant d’une réelle notoriété, l’ancien premier ministre André Milongo, s’était retiré deux jours avant le scrutin arguant que celui-ci était joué d’avance.

[3] http://www.congopetrole.fr/le_ministere_des_hydrocarbures/le_petrole_congolais.html

[4] Jean Serjanian, « Le Congo-Brazzaville, son pétrole et sa pauvreté », publié le 24/09/2012 sur Géopolis. Disponible sur : < http://geopolis.francetvinfo.fr/le-congo-brazzaville-son-petrole-et-sa-pauvrete-8482 >

[5] Voir à ce sujet l’ouvrage de Jean François Bayart, L’Etat en Afrique : La politique du ventre, Fayard, 2006.

L’auteur montre bien en quoi la domination française a contribué à construire et à renforcer les sentiments d’appartenance « ethnique », notamment en classifiant les populations sous leur contrôle par le biais de l’ethnologie.

[6] Propos recueillis par Joseph Tonda. Cité dans J. Tonda, « La guerre dans le « Camp Nord » au Congo-Brazzaville : ethnicité et ethos de la consommation/consumation », Politique Africaine, n° 72, décembre 1998, p. 54.

[7] Jean-Serge Massamba-Makoumbou, Identité ethnique et conflits civils au Congo-Brazzaville, L’Harmattan, 2013.

[8] Voir à ce sujet l’article de Sophie Lecanu, Identités de papier. Les « ethnies » au Congo-Brazzaville : un instrument politique, article paru sur le site IndEsens, Juin 2003. Disponible sur : < http://www.indesens.org/article.php?id_article=58 >

[9] Milices de réfugiés rwandais au service de Sassou

[10] Ce recensement, publié le 6 mars 2014, fait état d’une population Sud-Congo largement en baisse par rapport à celle du Nord

[11] Déclaration de l’honorable Robert Poaty Pangou sur l’inévitable création de l’état Kongo. Disponible sur : < http://www.zenga-mambu.com/fiche.php?id=4320 >

[12] Mouvimat Ibouanga Loundou, « Création du Sud-Congo, une conséquence du tribalisme mortifère de Denis Sassou NGuesso. » Disponible sur : http://www.demainlenouveaucongobrazzaville.org/article-creation-du-sud-congo-une-consequence-du-tribalisme-mortifere-de-denis-sassou-nguesso-le-discours-123987487.html

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