Une partie de Go dans l’Océan Indien : stratégie maritime chinoise, réalité indienne et arbitrage américain

Perspectives Internationales 19/04/2014 0

 

Carte Collier de Perles Bonne version

Source : Emmanuel Véron, UMR 8586 Prodig, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2014.

  Le 17 mars 2013, le nouveau président chinois Xi Jinping dans son discours inaugural lance devant l’Assemblée nationale populaire (ANP) : « le rêve chinois, c’est la grande renaissance de la nation chinoise[1] » (zhongguo meng). Cette expression fait directement écho à une notion plus ancienne, celle de l’association de deux idéogrammes[2] : Il s’agit des idéogrammes « riche » (fu)  et « fort » (qiang)[3]. L’objectif est double, d’une part, celui de la reconquête de ces deux composantes, et d’autre part celui de la continuité politique de son prédécesseur Hu Jintao qui parlait d’ « ascension pacifique » (heping jueqi) de 2002 à 2004 puis de « développement pacifique » (heping fazhan). La Chine est la deuxième puissance économique mondiale : elle semble déterminée par la reconnaissance du monde à son égard dans toutes les dimensions sociales, politiques, sécuritaires (tant sur le plan intérieur qu’extérieur)[4]. La Chine incarne depuis trois décennies une alliance jusqu’alors unique d’un pouvoir léniniste et d’une économie capitaliste[5]. Depuis la fin de la bipolarisation, les sociétés occidentales[6] pensaient à la convergence entre le communisme et l’économie de marché. La chute du mur de Berlin et celle de l’Union Soviétique n’ont pas provoqué la  « fin de l’histoire[7] ». L’alliance d’un Etat-Parti[8] régénéré, contrôlant l’économie et l’ouverture au monde de son territoire avec l’économie de marché, a maintenu puis propulsé la Chine au rang des pôles les plus importants du monde en voie de multipolarisation[9].

            Après avoir dominé pendant environ quatre siècles, l’« Occident » voit aujourd’hui son hégémonie politique remise en question[10]. L’Occident est en train de perdre le monopole de sa puissance, un basculement du centre de gravité est à l’œuvre, passant de l’Atlantique vers le Pacifique. L’idée d’une revanche sur le passé fait écho au « rêve chinois » du nouveau président Xi Jinping, et cette montée en puissance de la Chine s’opère par la modernisation vantée de son appareil militaire suivant trois piliers : ses stratégies, sa politique de défense et ses forces.

Forte d’une armée nombreuse et poussée par le dynamisme, la Chine de part ses potentiels stratégiques inquiète ses voisins, mais également les puissances occidentales. Il y  a dans le flot continu d’événements contradictoires des sociétés de l’information globalisée, l’évolution permanente des rapports de forces et l’apparition d’un cadre stratégique nouveau qui tend à périmer nos certitudes.

Ces recompositions d’ordre internationales s’opèrent avec de nouveaux acteurs: les acteurs « gris » (transversaux, masqués, infra-étatiques…) et les acteurs « bleus » multiples, polycentrés, souvent fédérés et supra-étatiques[11]. Pour illustrer ces nouvelles recompositions stratégiques, nous proposons un état des lieux du théâtre maritime tel qui se présente dans l’Océan Indien, en proie à des rivalités grandissantes : Pékin et Dehli se livrent à une lutte pour le contrôle de la sphère maritime, sous couvert d’une stratégie traditionnelle de type « jeu de Go » (weiqi). Pour répondre à ces interrogations, nous proposons une analyse sur le déploiement des ambitions de la Chine dans l’Océan Indien. Il s’agit dans un premier temps d’envisager l’espace maritime de l’Océan Indien au regard des puissances régionales, et dans un deuxième temps de comprendre les perceptions et rivalités en cours et à venir. Nous proposons une cartographie des ces mutations stratégiques contemporaines.

Les ambitions maritimes chinoises dans l’Océan Indien

Pour mener à bien ses desseins, Pékin a initié un grand nombre de projets en Asie méridionale qui doivent sanctuariser une part croissante de ses approvisionnements. Cette stratégie fait écho à ce qui a déjà été mis en place (à des degrés plus ou moins équivalents) en Asie du Sud-Est, et la Chine mise sur ses capacités d’interférer directement avec un de ses plus puissants voisins. L’Inde, en réaction à cette présence chinoise dans sa sphère d’influence directe, réitère son souhait de sanctuariser ce qu’elle a dénommé comme « l’océan des indiens ».

Le lourd contentieux historique au sujet de la délimitation des frontières terrestres (Arunachal Pradesh, Aksaï Chin ou même le Cachemire) entre les deux pays renforce un peu plus la méfiance réciproque sur le théâtre des opérations maritimes, et Dehli n’envisage certainement pas de voir se mettre en place un endiguement tel que perçu dans les hautes sphères du pouvoir depuis le début des années 2000 et la mise en œuvre par Pékin des chantiers d’aménagement d’un dispositif stratégique sur tout le pourtour de l‘Océan Indien[12]. Tout ceci intervient dans un contexte régional déjà fort tendu, à l’heure où Pékin annonce une hausse de près 12,2% de son budget militaire (soit la plus importante depuis trois ans pour un total de près de 132 milliards de dollars US$, encore très loin du montant déclaré par le Pentagone s’élevant à près de 600 milliards de dollars US$)[13]. En janvier 2005, le Washington Times révélait l’existence d’un rapport classifié à destination de Donald Rumsfeld, secrétaire d’Etat à la Défense. Ce document expliquait une stratégie navale chinoise basée sur un réseau de ports militaires et d’appuis logistiques avec ses partenaires du Moyen-Orient à la Mer de Chine. Cette analyse réalisée par le cabinet de conseil Booz Allen Hamilton fut commandée par le bureau de prospective du Pentagone. Ce « collier de perles [14] » correspondrait à la succession de bases navales et de supports pour Pékin, afin d’assurer ses approvisionnements énergétiques. Pour autant, il n’est pas inintéressant de souligner que cette soi-disant stratégie du collier de perles ne connait pas de transcription littérale chinoise. Il y a une utilisation systématique de cette expression (notamment dans les médias et dans les think tanks publics ou privés) jusqu’à la fin de l’administration Bush où le « collier de perles » sera définitivement théorisé. Ainsi, les analystes focalisent leurs travaux sur de potentiels ports/points d’appui pouvant se transformer en facilités militaires. Par la suite, ce « string of pearls » disparait des analyses concernant les ambitions maritimes et territoriales de la Chine dans l’Océan Indien. Qu’en est-il aujourd’hui ? Ce collier de perles correspond il à une stratégie réelle ou supposée ?

 L’océan Indien, qui, par le passé, était un vide sécuritaire, fait aujourd’hui partie de l’imaginaire géopolitique étasunien relatif à sa future rivalité stratégique avec la Chine. Si, pour les premiers, l’affirmation d’une puissance maritime de premier ordre demeure un leitmotiv dans la formulation d’une feuille de route en matière de politique étrangère depuis le XIXème siècle (du temps de la doctrine Monroe), cela est tout aussi vrai du côté chinois (même s’il est toujours très difficile de dresser un état des lieux précis des intentions réelles de Pékin, très souvent opaques et sujettes à une double interprétation). La Chine a engagé un effort sans précédent depuis les années 2000 afin de disposer d’une marine militaire opérationnelle par delà son littoral proche[15] : la haute mer[16] (blue waters) représente tout l’enjeu pour la bonne conduite des ambitions planétaires chinoises, et il n’est dès lors plus question de « laisser aux autres » le bon soin de réguler les activités maritimes exponentielles en Asie, de toutes formes et désormais vitales pour le développement économique futur de la région[17]. Les espaces maritimes, qui, par le passé, ont joué un rôle important dans les échanges, participent aujourd’hui, plus que jamais, aux dynamiques de mondialisation. Nous assistons à une « maritimisation » croissante de l’économie mondiale où  les échanges maritimes ont été multipliés par 10 entre 1950 et 2000[18]. Le sixième Livre Blanc chinois (publié en 2009) donne la priorité à la construction navale militaire[19] : la flotte chinoise est la troisième du monde par le tonnage, et les chantiers navals construisent sous-marins, frégates, bâtiments amphibies, bâtiments de soutien en nombre constamment croissant. Cette logique a été rendue possible grâce à un effort budgétaire sans précédent.

 Un collier éphémère : les incertitudes du Jeu de Go transposé à la maritimisation des intérêts

 Aux yeux du Pentagone, ces « manœuvres d’intimidation » s’interprètent comme une marque d’arrogance, et Washington se voit contraint à un revirement de ses forces militaires vers l’Asie-Pacifique (US rebalancing to Asia) orchestré par les acteurs de la Défense et de la politique étrangère au pouvoir. Si les premières observations ne laisse place à aucun  doute que les Etats-Unis souhaitent se réinsérer durablement dans le paysage asiatique, cette volonté s’explique également en raison de la dimension éminemment stratégique que confère la domination des espaces maritimes, devenus les principaux vecteurs de la globalisation des intérêts (économiques, politiques…) nationaux ou supranationaux des pays asiatiques. La Vème flotte (USCENTCOM) assurait déjà une présence renforcée dans l’Océan Indien depuis les opérations dans le Golfe une vingtaine d’années plus tôt, mais cette dernière n’est plus seule et doit composer avec, d’une part une marine indienne désireuse de maintenir ses capacités de projection de son propre chef, et une marine chinoise usant de la sphère maritime pour affirmer ses velléités de puissance et dont la seule projection vers l’Asie du Sud-Est ne suffit pas à affirmer les ambitions grandissantes de Pékin d’autre part. La richesse de la zone en matières premières ; les stratégies maritimes adoptées par les puissances de la région ainsi que l’importance pour l’économie mondiale des routes  maritimes qui la traversent et son rôle d’espace de connexion entre l’Europe et l’Asie font de l’océan Indien un des espaces privilégié pour le XXIème siècle. La Chine achète environ 40 % de ses besoins en pétrole, (les deux-tiers de celui-ci proviennent du Moyen-Orient), et la dépendance vis-à-vis de l’Afrique (autre espace régional aux intérêts considérables) est également croissante[20].

Un tel scénario place directement l’Inde devant ses responsabilités quant à la sanctuarisation de son domaine maritime : L’Inde dispose d’un vaste espace maritime qui doit lui permettre de réaffirmer ses nouvelles priorités stratégiques, en adéquation avec les capacités de projection de certains acteurs (asiatiques comme extérieurs) depuis ces dernières années. Elle entretien depuis des siècles, tout comme son grand voisin chinois, des liens historico-culturels solides (bien souvent facilités par l’importante présence d’une diaspora répartie sur le pourtour du Golfe Persique). La mise en place d’une « Look West Policy » s’inscrit dans la continuité des projets lancés depuis le début des années 1990[21] : les considérations géostratégiques de l’après Guerre Froide ont cette fois pris le pas sur les aspects économiques (bien qu’en toile de fond), si bien que l’Inde doit réaffirmer son potentiel militaire autour de son « voisinage stratégique » qui ne se borne désormais plus à son périmètre naval proche, mais qui s’étend véritablement du Canal du Suez (sas d’entrée vers la Méditerranée et l’Europe) à l’Asie du Sud-Est (nouveau théâtre stratégique de la région). L’Inde a mis en place des accords de défense avec trois états directement issus de ce voisinage stratégique : Qatar, Oman et un pays africain, le Mozambique. En sus des ces accords de défense, et parallèlement à cette stratégie du « collier de perles », l’Inde se constitue des points d’appui dans l’Océan Indien : à Maurice, Madagascar et dans les archipels d’Andaman et Nicobar[22].

Cette stratégie chinoise du collier de perles  est par ailleurs très largement répandue  dans le débat de Défense parmi les dirigeants indiens : ce projet doit permettre aux forces armées chinoises de bénéficier de facilités portuaires et/ou aéronavales afin de parachever la jonction entre la route maritime de communication reliant la Chine aux ressources de la péninsule arabique (Sea Lines of Communication) aux corridors maritimes traditionnels d’Asie du Sud-Est, véritables « autoroutes de la mondialisation » souvent en proies aux nouvelles menaces non-traditionnelles (piraterie, trafics en tout genres…) qui affectent la stabilité de cette partie du monde[23].

Le collier de perles déboucherait sur un encerclement inéluctable de l’Inde où Dehli occuperait la place d’un nez apposé sur un visage imaginaire. Ce scénario redouté place donc les dirigeants indiens en position de faiblesse face au grand rival stratégique régional[24]. La mise en place d’un tel dispositif pourrait faire l’objet d’appui au déploiement de la marine chinoise (en réponse aux opérations de lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden) et de sanctuarisation des différents approvisionnements. Dans le même ordre d’idées, il est probable que certaines « perles » soient équipées de dispositifs de surveillance électronique et de communication : si les installations déjà en place aux Seychelles ou à l’île Maurice fournissent une réponse aux installations d’écoute américaines basées à Diego Garcia, il y a fort à parier que l’ensemble du dispositif chinois en soit doté très prochainement à son tour.

 Toutefois, nous pouvons émettre quelques réserves quant à la plus-value stratégique (réelle ou supposée) de certaines perles, sans forcément nier les potentialités de ce dispositif : à travers le point de vue des dirigeants sri-lankais,  les projets de ces dernières années dans le pays (Colombo et Hambantota) répondraient plus vraisemblablement à la volonté affichée par Pékin de nouer une alliance durable avec un pays qui venait de sortir d’une terrible guerre civile, longue et ravageuse à tous les niveaux. Les perles dites « secondaires » correspondent à des facilités portuaires marchandes et potentiellement militaires : elles s’étirent d’Asie du Sud-Est à la Mer Rouge (Thilawa au Myanmar, Marao aux Maldives, Victoria aux Seychelles, Port Louis à Maurice, Chabahar en Iran et Port Sudan au Soudan).

Il en va de même en ce qui concerne le port pakistanais de Gwadar, dans la province du Baloutchistan (considéré comme le projet le plus avancé) où les travaux sont (temporairement ?) arrêtés en raison de tensions intra-régionales qui soulignent par ailleurs le refus de cette présence chinoise de la part de la population locale. Pékin et Islamabad sont accusés de vouloir pilier les ressources de la province, et d’installer une base militaire financée par le trafic de drogue. Le port se résume à quelques grues de manutention lourde, à un long quai vide, et aucune infrastructure militaire n’est en place.

Cependant, d’un point de vue naval, la position de Gwadar est idéale (port en eaux profondes, proximité du Détroit d’Ormuz) d’autant plus qu’elle est gérée par des acteurs privés, directement confrontés aux rivalités locales[25].

Enfin, il convient également de rappeler que Pékin est encore bien loin de maîtriser certaines techniques essentielles à la transformation de ports de commerce en bases militaires. L’armée chinoise est encore loin de standards occidentaux en la matière (même si elle veut s’imposer comme un véritable outil d’affirmation de puissance). Bien que les investissements chinois se chiffrent à hauteur de plusieurs milliards de dollars, ceux-ci ne permettront sans doute pas de se prémunir durablement en cas de conflit avec l’Inde[26]. La stratégie maritime chinoise n’est pas définitive. Elle se recomposera en fonction des relations politiques avec ses voisins régionaux et les Etats-Unis.

La nouvelle puissance navale chinoise est dans une logique de progrès et d’expansion, et la vision chinoise de l’action ne rejette pas le temps court, mais au contraire l’instrumentalise[27] : le temps long prépare les conditions d’une action dans le temps court, et Pékin n’hésite pas à instrumentaliser le temps long en ayant régulièrement recours à l’Histoire[28].

 Conclusion

Au gré de son irrésistible ascension, couplée à ses projections toujours plus lointaines, la Chine bombe le torse dans l’Océan Indien au point de susciter un grand nombre d’interrogations quant à l’équilibre régional à moyen terme. Bien que les relations Chine-Inde demeurent structurellement compétitives sur le seul plan économique (deux plus grands marchés du continent asiatique), le risque d’une escalade pouvant déboucher sur une véritable épreuve de force autour de l’accès et du contrôle des ressources (pétrolières et gazières) existe réellement. Des incidents navals (heureusement sans conséquence) entre les deux parties ont déjà eu lieu, et nul doute que la dynamique militaire serait largement motivée à l’avenir en raison du caractère belligène (réel ou supposé) du dispositif du collier de perles chinois puisque cette stratégie n’est qu’un scénario sécuritaire dans l’Océan Indien[29]. Pékin dispose de nouveaux arguments diplomatiques (lutte contre la piraterie, sécurisation des transports…) pour la construction des bases à l’étranger. Cela permet de faire contrepoids avec les puissances régionales et d’accroître ses capacités militaires[30].

Un conflit limité dans l’espace géographique reste donc parfaitement envisageable, mais ne saurait être amputable à un seul regain de coercition dans les ambitions régionales de Pékin : la Chine a déjà expérimenté ce type de scénario ailleurs avec les conséquences que nous connaissons, aussi tout changement dans son modus operandi ne saurait avoir les mêmes effets redoutés[31].

 Emmanuel VERON & Frédéric PUPPATTI

Emmanuel VERON, géographe et sinologue, prépare une thèse de doctorat en géographie sur les nouvelles relations ville-campagne engendrées par le tourisme rural en Chine. Il a choisi la région du grand Shanghai (delta du Yangzi) pour conduire ses recherches. Plus généralement, il s’intéresse aux mutations de la Chine contemporaine, de sa société et de son espace. Il travaille sous la direction du Professeur Sanjuan. Emmanuel est rattaché à l’UMR 8586 Prodig et à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il est par ailleurs ATER au sein de cette même université.

Frédéric PUPPATTI est doctorant en science politique à l’Université de Lille 2 (CERAPS – UMR 8026). Spécialiste de l’Asie orientale et de la Chine contemporaine ; contributeur au groupe de recherche “Sécurité régionale en Asie” des jeunes chercheurs de l’IRSEM où il y est rattaché.  Ses recherches portent sur l’émergence de la Chine à travers le prisme de la coopération (politique, économique, sécuritaire) avec l’ASEAN, et les nouveaux paramètres de sécurité en Asie du Sud-Est. Il est également le rédacteur de la rubrique “Asie” au sein de Perspectives Internationales.  


[1] Une année auparavant, en 2012, Xi Jinping avait choisit le Musée national pour s’adresser à  la presse.   Le choix de ce lieu n’est pas anodin, il jouxte la place Tiananmen. Après d’importants travaux de rénovation, une nouvelle galerie est consacrée à la « route vers le renouveau ».

[2] Cette notion apparaît dans les Chroniques des Royaumes combattants entre le Ve-IIIe siècle avant JC.

[3] C’est l’affirmation d’un pays puissant (qiangguo) et d’un peuple riche (fumin). Plus largement, il s’agit de la grande renaissance de la nation chinoise (zhonghua minzu weida fuxing).

[4] BATEL Loïc, « La Chine dans les relations internationales : le choix pragmatique d’une approche indirecte », Revue de Défense Nationale, N°742, 2011, p. 38-48.

[5] GODEMENT François, Que veut la Chine ? De Mao au capitalisme, Paris, Odile Jacob, 2012, 283 p.

[6] L’étymologie du terme “Occident” renvoie au latin occidens, qui signifie “en direction de l’ouest” ; “là où le soleil se couche”,  c’est-à-dire occidere, qui veut dire “mourir” et donc par extension au sujet des astres, “tomber, se coucher”.

[7] FUKUYAMA Francis, La fin de l’Histoire et le dernier homme, Flammarion, 1993, 448 p.

[8] L’expression Etat-Parti sera utilisée pour désigner l’Etat chinois. La Constitution reprend les principes

Fondamentaux du Parti communiste chinois et la direction de l’Etat est assurée par les dirigeants du Parti.

[9] VEDRINE Hubert & BONIFACE Pascal, Atlas du monde global, Paris, Armand Colin (2ème édition augmentée), 144 p.

[10] VICTOR Jean-Christophe, Le Dessous des cartes, itinéraires géopolitique, Tallandier, Arte Edition, 2012, 223 p.

[11] DUFOURCQ Jean, « Porte ouverte sur la Chine : Chine Puissance déconcertante », Revue de Défense Nationale, N°742, 2011,  p.5.

[12] REHMAN Iskander, « Keeping the Dragon at Bay: India’s Counter-Containment of China in Asia », Asian Security, Vol.5, N°2, 2009, p.114-143.

[13] « China congress reveals growth target and defence boost », BBC News, March 5th 2014, disponible sur http://www.bbc.com/news/world-asia-china-26429481

[14] AMELOT Laurent, « La stratégie chinoise du « collier de perles » », Outre-Terre, N°25-26, 2010, p. 187-198.

[15] COUTANSAIS Cyrille P., « La Chine au miroir de la mer », Revue internationale et stratégique, Vol.78, N°2, 2010, p.28-39.

[16] Ceci fait directement référence à l’amiral Liu Huaqing, stratège de la Marine chinoise qui théorisait deux lignes de défense maritime : la ligne verte qui s’étend du sud du Japon à Bornéo, et la ligne bleue des Kourilles à la Papouasie. Cette stratégie démontre l’évolution des capacités de la marine chinoise : l’évolution d’une marine côtière vers une marine océanique.

[17] SCHOFIELD Clive et..al.., « From Disputed Waters to Seas of Opportunity: Overcoming Barriers to Maritime Cooperation in East Asia » , National Bureau of Asian Research Special Report [online], N°30, July 2011, disponible sur http://www.nbr.org/publications/element.aspx?id=522

[18] Rapport d’information du Sénat, Maritimisation, 2011-2012, 226 p.

[19] DUMONTET Alain (Amiral), « La Marine chinoise », Outre-Terre, N°25-26, 2010, p. 183-186.

[20] COUTANSAIS Cyrille P., op.cit.

[21] L’Inde avait précédemment initiée une « Look East Policy » à partir de 1994 par le premier Ministre P. Rao. L’ensemble des mesures (politiques et économiques) devaient servir le projet d’intégration régionale de l’Inde au reste de l’Asie (en particulier du Sud-Est).

[22]SAINT-MEZARD Isabelle, « Quelles architectures de sécurité pour l’Océan Indien ? », Hérodote, Vol.145, N°2, 2012, p.129-149.

[23] STOREY Ian, « Securing Southeast Asia’s Sea Lanes: A Work in Progress », Asia Policy, N°6, July 2008, p.95-127.

[24] REHMAN Iskander, op.cit.

[25] MERCIER Jean-Jacques, « Chaînes et colliers…quel déploiement pour la Chine ? », DSI (hors série), N°15, Décembre 2010-Janvier 2011, p.16-17.

[26] SOOSAITHASAN Solène, « Les rapports de force entre la Chine et l’Inde à travers le prisme sri-lankais », Fiche de l’IRSEM, n°26, mars 2013, disponible sur http://www.defense.gouv.fr/content/download/201448/2229740/file/2013%2002%20-%20Fiche%20n%C2%B026%20Soosaithasan.pdf

[27] DUCHATEL Mathieu, « Marine de Pékin et (fantasme de) menace sur la sécurité », Outre-Terre, N°25-26, 2010, p. 199-213.

[28] Cette histoire remonte jusqu’à la dynastie des Song, en justifiant un espace maritime s’étant construit pour l’essentiel par des commerçants.

[29] SHELDON-DUPLAIX, « L’Indian Navy, gendarme de l’océan Indien ? », Hérodote, Vol.145, N°2, 2012, p.83-103.

[30] SAINT-MEZARD Isabelle, op.cit.

[31] JOHNSTON Alastair I., « How New and Assertive is China’s New Assertiveness? », International Security, Vol.37, N°4, 2013, p.7-48.

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